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Restauration de Sainte Marie-Madeleine - église Saint Vincent - Hendaye
Restauration de Sainte Marie-Madeleine - église Saint Vincent - Hendaye
© JPR

| Jean-Pierre Rama

Restauration de Sainte Marie-Madeleine - église Saint Vincent - Hendaye

LIBRES PROPOS SUR LA RESTAURATION DES ŒUVRES SACRÉES

Aussi longtemps qu’un art est pénétré du sentiment du « sacré », tout ce qui le touche est enveloppé d’une atmosphère, de respect et de vénération, à la gloire du Seigneur.

Une œuvre d’art sacrée est parlante, elle est nécessaire à la liturgie, à l’enseignement théologique, à la vie chrétienne tout court d’une paroisse. Elle parle le langage des simples. C’est pourquoi les églises sont décorées, à la fois pour rendre honneur à la « maison de Dieu », mais également pour l’enseignement des fidèles.

Le croyant est chez lui dans l’Église qu’il aime comme sa propre maison ; il vient y prier, s’émouvoir, méditer et apprendre. Ce sont les objectifs des figures sacrées. Il faut donc que ces images soient intelligibles pour tous et séduisantes afin de retenir l’attention.

C’est ce que tout artiste, aidé, sous l’autorité d’un prêtre, ou, d’un théologien, veut montrer ; c’est-à-dire, « faire voir », à partir du visible (la statue), l’invisible (le sacré).

Une église n’est pas un musée ; c’est un lieu cultuel, pas culturel, et, si l’on veut que nos œuvres d’art religieuses vivent, il faut parfois que des mains adroites, ou des croyants motivés par le bon état de présentation et de préservation de nos œuvres, donnent du temps, du talent aussi afin de garantir un niveau d’exposition décent à nos belles œuvres sacrées.

Le moyen le plus sûr, le plus efficace pour tuer l’art religieux, est d’en faire une « curiosité pour touristes ». Ainsi, en le dégradant de sa fonction première, c’est-à-dire : le symbolisme chrétien ou liturgique, le rappel au Divin, l’aide à la prière etc… alors cet art magnifique risque littéralement sa mort, et sa disparition.

Nous savons que les très belles œuvres religieuses sont classées, ou inscrites à l’inventaire des œuvres à classer. Les commissions des arts sacrés, régentent et conseillent aussi pour la bonne conservation et la restauration de ces chefs d’œuvres, afin que seuls des restaurateurs professionnels, ayant un agrément, ou, une formation spécialisée puissent intervenir, et, c’est très bien ainsi.

Mais pour le plus grand nombre d’œuvres non classées, nécessitant de petites restaurations, de sculpture, de reprise de polychromie, de nettoyage à sec, alors des paroissiens toujours bénévoles, proche des milieux artistiques, peintres, sculpteurs amateurs par exemple, interviennent parfois. Sans ce bénévolat, souvent de qualité, nos églises perdraient cet éclat, cette brillance, cette netteté qu’affectionnent les paroissiens.

Alors sont nécessaires les petites restaurations, comme par exemple, sur des doigts, des nez, des cassures diverses, qui défigurent les œuvres les plus belles ; ou bien des réagréages de surface qui font retrouver les belles polychromies chromatiques d’origines, souvent les plus raffinées.

Sans ces petites mains indispensables, et, il y en a dans toutes les paroisses, alors notre patrimoine religieux, vite négligé, se détériorerait rapidement. Ce travail d’entretien et de petites réparations, témoigne d’une activité authentique, « d’une pratique vivante », impossible à réaliser autrement, tant le nombre d’œuvres d’art est élevé.

Dans ces activités vivantes, il faut également inclure, le déplacement ou le regroupement des statues, les nouveaux accrochages de tableaux, l’entretien des objets du culte : supports, ambons, chandeliers, bougeoirs, boîtes à cierges, troncs etc… qui tous demandent aussi des soins constants.

Les églises ne sont pas des musées

Les hautes époques de l’art sont toujours celles ou le sacré prédomine, imprègnent les pensées des hommes et leurs actions, dans la vie des paroissiens, tous les jours.

La décoration d’une église est toujours un acte de foi, mais le mot « décoration » qui vient d’être employé est particulièrement impropre et même choquant. On ne décore pas un sanctuaire religieux ; il ne saurait désigner les peintures ou les statues des églises ! Dès que l’élément sacré intervient, il n’y a plus décoration, mais création d’images ou de figures saintes, unies au rituel, incorporées dans une architecture religieuse symbolique, autant pour la beauté artistique, mais plus encore pour leurs fonctions liturgiques, éducatives et théologiques.

Nous ne pouvons pas supposer que les lieux dans lesquels se trouvent ces œuvres sacrées, servent de musée, puisque la conception de l’art pour l’art, de l’art jouissance, de l’art divertissement, ne convient pas dans un espace « cultuel » ? C’est d’ailleurs la raison qui fait que nos églises ne sont pas des musées.

La bonne connaissance de ces œuvres religieuses, montre que celles-ci sont des commentaires, des illustrations mémorielles de la vie des grands saints et saintes, ou des écrits des textes sacrés.

La portée religieuse puissante et non équivoque de celui qui exécute ou restaure l’œuvre sainte est évidente ; comme ces artistes du Moyen âge qui se mettaient en prière avant de commencer l’exécution. C’est dans cet état d’esprit, dans ce mouvement créateur de l’esprit et de la main aidé par la prière, que la puissance divine, aide et anime l’artiste ou le restaurateur jusqu’à la pointe de ses doigts.

Personnellement, je n’ai jamais restauré une œuvre religieuse sans une prière ou une pensée à la divinité ou au symbole présenté ; je crois que cela m’aidait.

Le respect aux œuvres du passé dépend du processus de restauration, mais, également, des bonnes connaissances en histoire de l’art de l’exécutant. Son travail, reste discret, souvent invisible, dans l’esprit de l’artiste qui l’a précédé ; c’est sans doute la chose la plus difficile à faire ; la plus noble aussi.

Mais soyons certain, que tous ceux qui conservent et restaurent des œuvres sacrées, le font avec tout leur cœur et leur talent, dans la discrétion des humbles, au service de leur paroisse et du Très Haut !

Conclusion :

Toute bonne restauration vient d’abord du cœur. Elle est au service des divinités afin de redonner vie « une vie liturgique et pédagogique » bien sûr, toujours au service de la multitude et de notre Seigneur. C’est aussi une « conversation » entre le restaurateur et sa divinité, peut être également un acte de foi très proche de la Prière ?

La plus belle des récompenses pour le restaurateur est certainement que le paroissien ou le visiteur « regarde » les œuvres et en conserve un souvenir émerveillé au plus profond de son âme et dans son cœur.

AUPA ! ALLEZ !

La restauration de Sainte Marie Madeleine
La restauration de Sainte Marie Madeleine © JPR
La restauration de Sainte Marie Madeleine
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Après nettoyage et léger décapage de toute l’œuvre, les anciennes dorures sont réapparues (étoiles sur la cape et fleurs sur toute la robe)
Après nettoyage et léger décapage de toute l’œuvre, les anciennes dorures sont réapparues (étoiles sur la cape et fleurs sur toute la robe) © JPR
Après nettoyage et léger décapage de toute l’œuvre, les anciennes dorures sont réapparues (étoiles sur la cape et fleurs sur toute la robe)
Temps total de la restauration 22 heures
Temps total de la restauration 22 heures © JPR
Temps total de la restauration 22 heures

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Philippe et Chantal.Gayet | 13/01/2017 09:41

Bravo au restaurateur ! Bravo à l'artiste qui lui donna le visage et l'amour au bord des larmes d'un enfant... Et merci pour le photographe sans lequel nous n'aurions pu admirer et saisir tout cela !

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