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La Paroisse
Homélie du 6ème dimanche de Pâques
Homélie du 6ème dimanche de Pâques

| Jean-Marc Lavigne 770 mots

Homélie du 6ème dimanche de Pâques

SIXIEME DIMANCHE DE PÂQUES   B

 

          Avec l’évangile de ce dimanche, nous sommes les témoins discrets d’une scène touchante : Jésus parle à ses apôtres et leur livre son testament d’Amour.

 

          Amour ou aimé est employé 9 fois dans l’évangile et 9 fois dans la deuxième lecture.

 

          Jésus sait que sa mort va advenir sous peu. Il a choisi librement de donner sa vie.

 

          Alors il confie à ses compagnons la suite de sa mission : il s’agit d’agir COMME LUI. Cela peut se résumer en un mot AIMER. Et à celui-là s’adjoint un autre terme JOIE. Cette joie émanera du fait d’aimer les autres et de se montrer le prochain des autres, comme le précise Jésus dans une parabole bien connue, celle du bon Samaritain, au chapitre 10 de l’évangile de Luc.

 

          Voilà donc le commandement à suivre : aimer comme le Seigneur nous a aimés.

          Nous ne sommes pas dans un simple sentiment, même s’il est totalement respectable, ni dans un copinage, même s’il est compréhensible. Nous sommes dans le don total comme le Christ nous a aimés. Voilà la cohérence que nous devons rechercher et cela doit passer inévitablement par la relation individuelle, interpersonnelle.

          Le pape François y insiste dans sa Lettre encyclique Fratelli Tutti au numéro 33 : « Nous nous sommes gavés de connexions et nous avons perdu le goût de la fraternité »

 

          Rien de spectaculaire donc, mais sachons agir au rythme de notre humanité, de notre sens de l’humain.

 

La chanteuse Zaz l’exprime avec talent en interprétant « Si » ; en voici quelques paroles :

 

Si j'étais l'amie du bon Dieu.
Si je connaissais les prières.
Si j'avais le sang bleu.
Le don d'effacer et tout refaire.
Si j'étais reine ou magicienne,
Princesse, fée, grand capitaine
d'un noble régiment.
Si j'avais les pas d'un géant.

Mais je n'ai qu'un cœur en guenille,
Et deux mains tendues de brindilles.
Une voix que le vent chasse au matin.
Mais si nos mains nues se rassemblent,
Nos millions de cœurs ensembles.
Si nos voix s'unissaient,
Quels hivers y résisteraient ?

Un monde fort, une terre âme sœur,
Nous bâtirons dans ces cendres
Peu à peu, miette à miette,
Goutte à goutte et cœur à cœur.

 

Le contexte actuel, avec la pandémie que nous subissons, peut nous aider – oui, nous aider ! – à mieux comprendre le caractère essentiel du commandement de Jésus.

 

Lorsqu’il nous enseigne à dire « notre » Père, « notre » n’est pas qu’un simple adjectif possessif. On devrait même le ranger parmi les adjectifs « distributifs ». Mieux ! Il devrait être considéré comme un adjectif « dé-possessif » car je me situe comme le frère de l’autre et me dépouille alors de mon esprit égocentrique. 

 

Jésus sait de quoi il parle. Il est allé jusqu’à accepter de mourir sur une croix par amour pour nous, en ne gardant rien pour lui, en nous donnant tout… en nous offrant sa vie tout en l’offrant à son Père.

 

          Nous sommes toujours dans la joie pascale. Sachons nous laisser vivifier par cette nouvelle que la mort ne peut pas gagner quand on se donne.

Cette joie du Salut que le Ressuscité nous partage, doit nous convertir.

Changeons de comportement, sortons d’un intimisme qui est trop égoïste pour apprendre ensemble, à nous aimer d’un amour qui s’offre et donne, et certainement pas d’un amour possessif.

 

Le pape François ne cesse de nous le dire et de nous l’écrire : voici le numéro 35 de cette même Lettre Encyclique « Tous frères ! » :

« Après la crise sanitaire, la pire réaction serait de nous enfoncer davantage dans une fièvre consumériste et dans de nouvelles formes d’auto-préservation égoïste. Plaise au ciel qu’en fin de compte il n’y ait pas « les autres », mais plutôt un « nous ! » … Plaise au ciel que tant de souffrances ne soit pas inutile, que nous fassions un pas vers un nouveau mode de vie et découvrions définitivement que nous avons besoin les uns des autres, afin que l’humanité renaisse avec tous les visages, toutes les mains et toutes les voix au-delà des frontières que nous créées ! »

Sinon, « Le « sauve qui peut » deviendra vite « tous contre tous » et ceci sera pire qu’une pandémie ».

 

Merci au pape, merci à l’Eglise, de nous aider à vivre le commandement de l’amour laissé par le Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » dans le concret de nos vies, de chaque époque, de chaque lieu, avec empressement.

Ainsi serons-nous les amis du Christ et les amis de nos frères et sœurs. Et notre joie sera parfaite !

 

                                                                     Amen

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