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La Paroisse
Homélie du 4ème dimanche de Carême
Homélie du 4ème dimanche de Carême

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du 4ème dimanche de Carême

QUATRIEME DIMANCHE DE CARÊME   B

 

Bien chers amis,

 

Le texte d’évangile de ce jour, vient en conclusion du dialogue de Jésus avec Nicodème.

 

Dans ce passage d’Évangile, saint Jean nous invite à lever les yeux, à regarder… À lever les yeux sur le Christ élevé de terre. Or, nous le savons, frères et sœurs, le lieu de son élévation c’est la Croix. Jean était le seul des apôtres à se tenir au pied de la Croix, en compagnie de Marie, la Mère de Jésus.

 

Ce matin/ce soir, Jean nous invite à regarder le crucifié, à regarder la Croix et celui qui est attaché pour y découvrir l’amour suprême de Dieu, le Père. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. »

 

Mes amis, c’est sur le visage du crucifié, que nous découvrons la beauté et l’amour de Dieu.

 

Saint Jean nous invite ce matin/ce soir à lever notre regard et à oser regarder celui qui a souffert pour notre salut… et que nous y découvrions l’amour de Dieu le Père pour le monde et donc pour chacun d’entre nous.

 

« Dieu a tant aimé le monde… » Il y a là un regard positif sur les réalités du monde. De nos jours, comme de tous temps je crois, beaucoup sont tentés de regarder le monde de façon pessimiste : « le monde est pourri ; il n’y a rien à faire ! » Et les justifications à ce discours ne manquent pas lorsque nous lisons les journaux ou regardons les actualités. A longueur de colonnes s’étalent les violences, les bassesses de toutes sortes, les dépravations morales, les égoïsmes collectifs et individuels… et même ces temps-ci le dérapage de quelques adolescents dépassés par leur vie sentimentales, allant jusqu’à donner la mort à des amis.

 

          Tout cela existe. Et Dieu le voit, mais cependant, malgré tout cela – ou plus exactement – à travers tout cela, Dieu aime le monde et nous invite à l’aimer. Dieu aime ce monde ! Ce monde n’avance pas seul, perdu et désemparé. Dieu l’enveloppe de son amour de toutes parts.

Cela signifie qu’il ne se résigne pas au mal qui existe dans ce monde mais qu’il veut le sauver.

          D’une certaine manière Dieu nous prend à contre-pied : ce monde que nous jetterions parfois aux orties, Dieu l’aime. Dieu est passionné par sa création ; cette création inachevée qu’il est en train de conduire, avec notre collaboration, jusqu’à sa perfection.

 

          La conversion qui nous est demandée dans ce temps de carême, c’est finalement d’adopter le regard de Dieu sur le monde, d’adopter son regard d’amour au lieu de continuer de gémir…

Adopter son regard d’amour pour se laisser envoyer par lui, notre Père, et donner notre vie à notre tour, pour nos frères. Et je paraphrase un peu l’évangile en affirmant : « Aujourd’hui, Dieu aime tant le monde qu’il nous donne de veiller les uns sur les autres, à la suite de Jésus l’Amour en personne ».

          De plus, ce regard de Dieu n’est pas éphémère, pour un instant, il ne se modifiera jamais ; c’est son regard sur nous ici-bas et aussi quand nous serons avec lui au ciel.

          Oui, Dieu le Père a donné son Fils pour que tout homme qui croit en lui, ne périsse pas mais obtienne de lui la vie éternelle.

 

          « Dieu veut sauver tous les hommes, car il les aime tous. Dieu ne condamne personne. » Cette simple affirmation nous demande certainement une réelle conversion. Oser croire en un amour qui ne juge pas, qui ne condamne pas, mais qui appelle toujours à un mieux.

 

          Dieu fait au monde ce grand cadeau qu’est Jésus,

« non pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ».

Il est dangereux de faire de la dénonciation et de la condamnation du monde moderne tout un programme

pastoral.

Ce n’est qu’avec un cœur plein d’amour pour tous que nous pouvons nous interpeller mutuellement pour nous convertir… et non à coup d’anathèmes !

Si les gens se sentent condamnés par Dieu,

nous ne leur transmettons pas le message de Jésus, mais tout autre chose : peut-être notre ressentiment, notre regret d’un certain passé et notre colère.

 

          Dans le contexte actuel de pandémie où tout semble confus, incertain et décourageant, rien n’empêche chacun de nous de mettre un peu d’amour dans le monde. C’est ce que Jésus a fait.

Il n’y a pas à attendre. Pourquoi n’y aurait-il pas en ce moment des hommes, des femmes, des enfants qui sèment dans le monde l’amour, l’amitié, la compassion, la

justice, la sensibilité et l’aide à ceux qui souffrent ? Ce sont eux qui construisent l’Église de Jésus, l’Église de l’amour.

 

          Mes chers enfants, Alaine, Antoine, Imanol, Jokin, Otxanda, Pierre, Unai, Xan, faire votre première communion, et donc avoir la joie et la chance de communier maintenant souvent à la messe, c’est croire que vous recevez en vous le Corps du Christ qui avait été élevé sur la croix et mis à mort, qui est maintenant vivant ressuscité ; et c’est alors en mangeant son corps dans l’Eucharistie, vous remplir du Seigneur Jésus pour aimer comme lui. Oui, c’est vous, mes enfants, qui construisez l’Eglise de Jésus. Demain vous construirez l’Eglise de l’amour.

 

                                                                     Amen

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