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Paroles du curé
Homélie du 28e dimanche du temps ordinaire - C © " L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix."

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du 28e dimanche du temps ordinaire - C

Un souci de tous les parents est d’apprendre à leurs enfants à dire « s’il te plaît » et « merci ». Quand nous allons au supermarché, ce que nous avons mis dans le caddie est important pour nous ; mais le bonjour que nous échangeons avec la caissière, et le merci que nous lui disons en recevant le ticket sont, d’une certaine manière, encore plus importants : c’est un signe de reconnaissance mutuelle ; ne pas faire ces gestes rendrait notre vie inhumaine. 

         Nous avons tous besoin les uns des autres, d’entrer en relation en recevant et en donnant. Ne pas le faire signifierait que les objets ont plus d’importance que les personnes, et que les personnes sont pour nous des objets parmi d’autres. 

         Ce qui compte dans la vie, ce qui nous fait grandir, devenir des humains tels que Dieu nous a créés à son image, c’est la relation. Et c’est ainsi que chaque personne, chaque famille, chaque communauté humaine ou chrétienne se construit à travers de multiples gestes de reconnaissance mutuelle.

         Ceci nous permet de comprendre la réaction de Jésus vis-à-vis des dix lépreux de l’évangile. Ces dix lépreux avaient un désir fou d’être guéris de cette maladie horrible qui faisait d’eux des exclus. 

Alors ils ont bravé les interdits pour venir jusqu’à lui. Ils ont manifesté envers Jésus des signes de confiance en se disant : il ne fuira pas notre contact et il nous guérira. Effectivement, après avoir crié vers Jésus : « Prends pitié de nous » ; après l’avoir entendu dire : « Allez-vous montrer au prêtres » ils furent purifiés, ils furent guéris.

Toutefois un seul lépreux est passé de la confiance spontanée à la reconnaissance véritable. Et il est vrai qu’il est souvent plus facile de dire « s’il te plaît » que de dire « merci ». 

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© " Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Pour neuf des dix lépreux guéris, Jésus ne les intéressait plus dès lors qu’ils avaient été guéris : ils n’avaient plus besoin de lui. Finalement ils ont été guéris dans leur corps mais pas dans leur cœur. 

Quand Jésus nous guérit ou nous envoie une grâce, c’est pour nous parler, pour entrer en relation avec nous, pour ouvrir, guérir et libérer notre cœur ; c’est pour nous délivrer de la lèpre de la solitude, du repli sur soi, du manque d’amour. Les neuf lépreux n’ont pas éprouvé le besoin d’être guéris de cela, de recevoir une guérison plus importante encore : celle du cœur.

         Regardons maintenant le dixième lépreux. C’est un étranger, un Samaritain : il a su discerner que l’amour de Dieu envers lui était derrière le geste de Jésus ; aussi il glorifie Dieu et rend grâce. 

Revenir vers Jésus avant d’aller voir les prêtres lui semble naturel. Il est le seul finalement à avoir établi une relation vraie avec Lui, avec Dieu. Et par là il est le seul qui accepte d’être totalement guéri, d’être sauvé, comme le fait remarquer Jésus.

         Pour cet homme, la guérison physique n’a pas été le but ultime de sa démarche ; il a pressenti qu’elle serait pour lui le moyen de rencontrer Dieu, comme une nouvelle naissance. 

Guérir de la lèpre, c’est retrouver une peau comme celle d’un enfant. 

Revenir vers Jésus et se laisser relever par lui comme le lépreux, c’est retrouver une âme d’enfant.

         Jésus a dit au lépreux : « relève-toi : ta foi t’a sauvé ». Le « relève-toi » de Jésus évoque la Résurrection… Les premiers chrétiens, en écoutant ce récit de la guérison du lépreux, se souvenaient avec joie de tout ce que Jésus avait fait pour eux en les relevant dans sa propre Résurrection. 

Nous-mêmes, laissons-nous purifier par Dieu. Remettons-lui notre péché, nos étroitesses, nos fermetures, sans vouloir faire bonne figure, notre saleté, dirait le pape Benoît XVI. Nous avons besoin de nous laver, de nous laisser laver. Voilà pourquoi nous avons été baptisés. « Seigneur, je n’ai que ma lèpre à t’offrir, mon péché à te présenter. Lave-moi ! Relève-moi ! Mets-moi debout, sauve-moi ! » 

Un jour, un journaliste demandait à sainte Térésa de Calcutta, religieuse au service des lépreux et des mourants en Inde : « Que faut-il changer dans le monde pour que ça aille mieux ? » Elle lui a répondu du tac au tac : « Vous et moi ! » Le changement, la conversion, le salut commence bien proche de nous, il commence en nous… 

Alors, nous pourrons vivre notre mission, alors, nous pourrons à notre tour aller à la rencontre de nos frères et sœurs, nous mettre à leur service, les aider à se mettre debout. 

Mais n’oublions pas ceci : avant d’être apôtres, les Douze ont pris le temps d’être disciples ! Avant d’annoncer le Christ ressuscité, ils ont eu besoin d’être lavés par lui. Non seulement d’avoir les pieds lavés au soir du jeudi saint, mais d’être lavés tout entiers dans son sang versé au vendredi saint !

Merci, Seigneur, tu nous guéris, tu nous sauves !

                                                          Amen

 

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