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Paroles du curé
Homélie du 27ème dimanche du temps ordinaire

| Anonyme

Homélie du 27ème dimanche du temps ordinaire

27ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE    C


 

          Avoir la force de planter un grand arbre dans la mer : voilà comment Jésus parle de la foi.

          Cet arbre c’est notre vie, avec nos racines familiales ; un tronc qui fut notre éducation, l’amour reçu et la foi transmise ; des branches qui sont notre autonomie et notre créativité ; des feuilles qui sont tous nos engagements tant au service de l’Eglise, qu’au service de la société.

          En même temps, nous savons bien que tout reste fragile, qu’un coup de gel pourrait tout brûler… or notre anti-gel, c’est la foi ; même petit comme une graine de moutarde !

Mais quelle est cette foi ? Ce n’est pas d’abord la foi en nous et en nos œuvres, c’est bien la foi en quelqu’un qui est sauveur et frère, Jésus le Christ.

          Je vous invite, et moi avec vous, à toujours faire grandir en nous la foi… Et là nous nous sentons bien proches des Apôtres qui demandaient à Jésus : « Augmente en nous la foi ! »

          Et puis dans la symbolique chrétienne, mais déjà juive, l’arbre c’est la vie et la mer c’est la mort… alors avoir la force de planter l’arbre dans la mer, c’est faire gagner la vie sur la mort… c’est planter la vie nouvelle dans toutes les formes de mort.

          Nous touchons là au cœur de la foi des chrétiens : englouti dans la mer en mourant sur la croix, Jésus ressuscite, et il nous ressuscite avec lui, l’arbre de la croix devient l’arbre de vie… désormais rien ne pourra nous séparer du Christ ; il est tellement en nous comme une sève de vie que nos branches les plus mortes reprennent vie, que nos pousses les plus fragiles se tonifient.

          Vous me direz : « C’est de la littérature. Donnez-nous des noms de croyants qui ont fait surgir la vie dans les décors de mort. »

          Vous n’en connaissez pas de ces chrétiens qui savent creuser un sillon, ouvrir une espérance là où tout le monde désespère ?

          Ils puisent leur force dans la foi au Christ. C’est leur enracinement dans la prière qui les a le plus souvent poussés à se lever pour changer la vie autour d’eux et dans le monde.

          L’Histoire des chrétiens est pleine de ces grands témoins qui ont planté la vie jusque dans les décors de mort. Tout près de nous, il y a moins de 80 ans,  connaissez-vous les noms de Maximilien Kolbe, Dietrich Bonhoeffer, Édith Stein ?


 

          Plus près de nous, Pierre Claverie, les sept moines de Tibhirine ?


 

          Jusque dans l’enfer des camps de concentration ou dans l’horreur d’un monde de violence, ils ont pris conscience qu’ils étaient responsables de rendre Dieu présent dans cet univers de mort. De tels témoins sauvent le monde !


 

          On parle des saints, des personnages d’exception, mais que dire de tant d’hommes, de femmes, ignorés qui donnent leur vie jour après jour obscurément.

Dans son dernier message apostolique sur la sainteté, le pape François parlait des « saints de la porte d’à côté. »


 

C’est le n° 7. Je cite le pape : « J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant, chaque jour, je vois la sainteté de l’Eglise militante. C’est cela, souvent la sainteté « de la porte d’à côté », de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression « la classe moyenne de la sainteté ».


 

La petite graine de moutarde vit en eux, à leur insu peut-être, ils ne le savent même pas, c’est Dieu qui l’a semée.


 

          De la poésie, tout cela ? Oui ! Un rêve ? Oui ! Mais c’est le rêve de Dieu ! C’est le dessein de Dieu ! C’est lui qui sème l’amour dans nos cœurs, un amour qui peut faire des miracles. Ce petit rien insaisissable dont les effets sont sans mesure.


 

          Chacune et chacun de vous pourrait chercher dans la semaine d’autres exemples de personnes qui font « changer la vie » ; combien d’arbres dans la mer qui, fort heureusement, contrebalancent la déferlante médiatique qui inonde nos soirées en noyant toute espérance…


 

          Alors continuons à demander au Seigneur d’augmenter notre foi ; qu’elle ne cesse de nous faire aimer le Christ de façon plus personnelle ; qu’elle nous pousse à être des acteurs de vie là où gagnent les forces de mort.


 

          Cela devrait être naturel en nous, les chrétiens, comme des serviteurs de Dieu qui sont toujours prêts, prompts pour lui.

          « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir… » cette finale de l’évangile d’aujourd’hui devrait être notre prière chaque soir.


 

          Que la joie de croire et de servir soit le moteur de notre vie.


 

                                                                     AMEN.

         

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