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Besoin de changer d'air ?... Voyage aux Amériques avec Manex - Amérique du Sud - 5e volet
Besoin de changer d'air ?... Voyage aux Amériques avec Manex - Amérique du Sud - 5e volet

| Manex Barace 5869 mots

Besoin de changer d'air ?... Voyage aux Amériques avec Manex - Amérique du Sud - 5e volet

" Notre périple durera plusieurs mois pour traverser le continent américain du nord au sud. Voyages fractionnés réalisés « en solo et sac à dos » à partir des années 1970."

Pérou, sur les traces des Incas

 

Train, avion, autobus, taxi collectif, camion, tous les modes de transport sont bons (et nécessaires) pour parcourir le pays, de l'actuelle capitale Lima à Cuzco "nombril du monde" et ancienne capitale des Incas.

 

Lima

Lima, la capitale et sa petite sœur Callao, son port de pêche et de commerce, a une position géographique telle que le brouillard est coutumier en raison de la proximité du courant froid de Humboldt. Comme dans la plupart des villes où nous ferons étape au Pérou, c’est la Plaza de Armas qui servira de point de repère, voire de rendez-vous. C’est ici le Vieux Lima, la vieille ville coloniale, avec la cathédrale et le Palais du gouvernement, gardé par des soldats qui ressemblent à s’y méprendre aux Horse Guards britanniques. La cathédrale, située au niveau de la Plaza Mayor, a été édifiée dès la création de Lima (même si le bâtiment actuel a été totalement reconstruit suite au tremblement de terre de 1746). L’intérieur est peu attractif, comparé à la cathédrale de Cusco. Dans un cercueil de verre repose Pizarro (à moins qu’il ne s’agisse d’un autre conquistador). Un musée d’art religieux est installé dans la cathédrale avec notamment des peintures sur verre, du mobilier ou des statuaires en bois. A peu de distance, le palais de l’Inquisition et ses figures de cire assez impressionnantes. Non loin de là, la Plaza San Martín et de nombreuses églises dont les chœurs sont tous plus gothique flamboyant les uns que les autres, trop dorés et surchargés en sculptures de bois polychromes (à mon goût personnel). Avec un détour aux églises de la Merced, Santo Domingo, San Francisco et San Pedro, on aura vu le principal (religieux). Ne pas passer sans y entrer dans le musée d’archéologie et d’histoire (poteries et étoffes incas), l’exceptionnel musée de l’or, le musée Larco Herrera (cultures Chimu et Mochica). La visite de la gare ferroviaire ne manque pas d’intérêt, surtout si on veut continuer son voyage vers les Andes.

Nous allons prendre le train, au départ de Lima, pour emprunter la voie ferrée la plus haute du monde, qui monte péniblement jusqu’à 4888 mètres (plus haut que le Mont Blanc !).

 

De Lima à Huancayo

De Lima à Huancayo (332 kilomètres) l’altitude grimpe sérieusement. Un trajet à effectuer de préférence par le train qui part à 7 heures du matin de la gare de Desemparados, située près du Palais du Gouvernement. Arrivée aux alentours de 17 heures, là-haut dans l’altiplano. Pour ce faire il faudra emprunter pas moins de 66 tunnels, 59 ponts et effectuer 22 manœuvres en zig-zags tout au long du trajet. Depuis Lima au niveau de l’océan, afin d’atteindre la hauteur de 4888 mètres au col de la Groya, les ingénieurs ferroviaires ont été contraints de déjouer les pièges de la nature de différentes façons, la plus curieuse étant ces zig-zags où le train escalade des flancs de montagnes en marche avant, puis en marche arrière, puis de nouveau en marche avant et ainsi de suite, en utilisant des aiguillages actionnés à la main par le mécanicien, qui rattrape ensuite le convoi qui poursuit sa marche… Prouesse technique, cette ligne est une des merveilles du chemin de fer et est la voie ferrée commerciale la plus haute du monde : à 4888 mètres nous nous trouvons à une altitude supérieure à celle du Mont Blanc alpin. Un « docteur » effectue le voyage au cas où des passagers souffriraient du « sancoche », le mal des montagnes dû à la raréfaction de l’oxygène. C’est tout en haut, à Tichio que j’apercevrai les premiers lamas péruviens, à moins qu’il ne s’agisse de vigognes ou d’alpacas.

C’est en laissant la banlieue de Lima que, depuis mon wagon, j’ai aperçu les traces de la misère, les premiers bidonvilles qui s’agrippent aux collines et ceinturent la capitale. Beaucoup d’animation dans le train. Ne pas perdre de vue mon sac à dos, placé au-dessus de la banquette d’en face. Et une vigilance toute particulière lors des traversées de tunnels, les wagons sont plutôt mal éclairés.

C’est lors de la traversée du tunnel de Tichio que nous avons atteint l’altitude la plus élevée. Arrêt obligatoire à la sortie, pour attendre l’arrivée du train en provenance de Huancayo et le croisement (voie ferrée unique). Nous ne sommes plus qu’à 4500 mètres d’altitude. Le froid est vif. Vivement le marché de Huancayo pour essayer d’y marchander un chaud poncho. Le ciel est couvert de nuages et le soleil bas sur l’horizon lors de l’arrivée à destination. La nuit tombe vite.

 

Huancayo

Petite ville calme, perchée à 3261 mètres, ainsi apparait Huancayo. Curieusement, les moustiques abondent et apprécient particulièrement les Gringos, à ce qu’il me semble… Il me va falloir acheter un « repelente » pour les faire fuir. Il y a un petit marché tous les jours, mais c’est le dimanche que se tient le plus important, installé tout au long de la voie du chemin de fer. Pas de danger avec un seul train quotidien. Certains villages des environs sont spécialisés dans l’artisanat des bijoux en or et argent (les conquistadores étaient bien renseignés). Ce qui m’intéresse au plus haut point est l’achat, au marché indien, de gants, bonnets et ponchos. Utilisation immédiate et cadeaux déjà achetés ! J’espère un bon prix. Il ne fait pas froid malgré l’altitude, ce qui explique sans doute la présence des « mosquitos ». Dans une Posada, je goute pour la première fois – et la dernière – un Inca Cola. Franchement imbuvable à mon goût. Je me rabattrai dorénavant sur les bières locales. Ennui, le contenant des bouteilles est d’un demi-litre, et la bière pas toujours fraîche… Les consommateurs semblent l’apprécier ainsi. En échange de quelques sourires, quelques bonbons et quelques Soles (le Sol est la monnaie du pays), je peux prendre quelques clichés.

Prochaine étape, Ayacucho, par la route, dans le sud-est.

 

De Huancayo à Ayacucho

La route, enfin ce qui fait office de route, est assez surprenante. On s’enfonce dans le Andes. La distance indiquée est de 261 kilomètres, mais traduite en temps de voyage, il faut compter entre 10 et 12 heures si tout va bien, dans un vieil autobus qui en a vu d’autres, et qui finira peut-être sa carrière dans un ravin. Impressionnant le nombre de croix blanches plantées tout au long de la piste, à défaut de barrières de sécurité, en général à l’approche des virages. Nouvelle signalétique locale ? Pour en faire profiter les passagers ou pour ne pas s’endormir peut-être le conducteur allume en permanence la radio dont le niveau sonore (essentiellement des grésillements) est admirable. J’ignore si les phares du véhicule fonctionnent. En ce qui concerne le klaxon, je suis rassuré. Je n’ose me demander si les freins sont en état.

C’est avec une grande satisfaction que j’aperçois quelque part dans le bas ce qui doit être la ville d’Ayacucho. Je suis presque sauvé.

 

Ayacucho

Le principal intérêt de la ville d’Ayacucho est sa proximité avec le site de Huari. L’aérodrome (on ne peut décemment l’appeler aéroport) se trouve sur l’emplacement de la bataille de Quinua ou d’Ayacucho, lors des guerres d’indépendance. Nous sommes encore redescendus puisque l’altitude n’est que de 2700 mètres. C’est depuis des décennies le centre d’une guérilla maoïste menée par Sendero luminoso, le Sentier lumineux. Peu de temps après mon passage (1980) un groupe de journalistes trop curieux a été assassiné. Que voir à Ayacucho même ? Parmi les 33 églises, visiter la cathédrale et l’église de Saint-François d’Assise et on sera quittes ! L’endroit est néanmoins très agréable pour quelques jours.

Problème quasi récurant, trouver une place de bus pour continuer vers Cuzco. Plutôt qu’attendre un désistement de dernière minute, ce sera l’avion. Quelques émotions fortes terrestres évitées, remplacées par des vues aériennes presque « à toucher les sommets des montagnes ». De plus le prix de l’avion est nettement moins onéreux qu’en Europe.

 

Surplombant Cuzco, l'imposante  forteresse de Sacsayhuaman.jpg
Surplombant Cuzco, l'imposante forteresse de Sacsayhuaman.jpg ©
Surplombant Cuzco, l'imposante  forteresse de Sacsayhuaman.jpg

Cuzco

Entourée de montagnes brunes, Cuzco, la "Rome des Incas", s’étend à 3 400 m d'altitude, dans une belle vallée. Elle fut la capitale de l’Empire inca, le nombril du monde andin ("Cuzco" veut dire nombril, en langue quechua). Cuzco est aujourd’hui une superbe petite ville coloniale, née sur les ruines de l'empire Inca que les Espagnols écrasèrent dans le sang. La plupart des constructions espagnoles s’appuient, s’adossent ou utilisent les matériaux des anciens palais incas. Le centre de la cité se compose essentiellement de belles maisons coloniales avec balcons de bois sculptés, alignées le long de ruelles étroites, et de places soignées aux gros pavés luisants. Climat sain, beauté du paysage, grande richesse architecturale et archéologique, artisanat vivant, un des plus beaux coins d'Amérique du Sud. La ville elle-même n’est pas très étendue, bâtie sur le site de l’ancienne capitale du sud des Incas (Quito étant la capitale du nord). Beaucoup de soubassements et de rez-de-chaussée en pierres de taille datent d’avant la conquête espagnole. Les bâtisseurs incas étaient de remarquables architectes puisque les anciennes maisons demeurent intactes alors que les constructions récentes souffrent régulièrement lors des secousses sismiques.

Capitale de l’empire inca et capitale archéologique de l’Amérique, point de départ idéal pour découvrir la Vallée Sacrée des Incas, où se trouvent d'importants monuments archéologiques comme la forteresse de Sacsayhuamán, celle de Kenko, les Bains de Tambo Machay, les terrasses et le marché pittoresque de Pisac, la forteresse de Ollantaytambo et bien entendu le célèbre Machu Picchu surplombant la rivière Urubamba. Déclarée Patrimoine Culturel par l’UNESCO en 1983. Depuis 2015 pas moins de douze sites péruviens ont été ainsi classés.

Chaque année a lieu le 24 juin la fête du soleil, l’Inti Rayni, évènement culturel et historique le plus important chez les Incas depuis des temps immémoriaux.

Machu Picchu en vue! Sentier sur le Chemin des Incas.jpg
Machu Picchu en vue! Sentier sur le Chemin des Incas.jpg ©
Machu Picchu en vue! Sentier sur le Chemin des Incas.jpg

 

Le plus intéressant à voir à Cuzco se trouve aux environs de la Plaza de Armas, l’Office du tourisme en premier lieu, pour y copier, photographier la carte des environs, ou en acheter une photocopie. Voisine de la cathédrale (c’est incroyable le nombre de cathédrales dans ces pays), l’église de la Compagnie de Jésus. A proximité, en se perdant dans les vieilles rues étroites pavées aux maisons de pierres gigantesques, le temple des Vierges du soleil, le palais de l’Inca Roca. Vérifions au passage, comme tout le monde, que la célèbre pierre aux douze angles a bien le compte. La construction de murs en imbriquant des pierres de formes et de tailles différentes, outre l’aspect décoratif, assure un effet antisismique reconnu.

De nombreuses maisons coloniales ont été transformées en hôtels et méritent une visite, tout comme le musée local.

Sur le marché de Cuzco le marchandage est de rigueur, mais les prix restent un peu plus élevés qu’à Huancayo et Ayacucho. Durant mon séjour eurent lieu des manifestations ouvrières importantes et une grève générale, y compris pour la nourriture à l’hôtel. Enfin, une journée de jeune n’a jamais tué personne.

 

Sacsayhuamán

Sacsayhuamán est une forteresse qui domine la ville de Cuzco à environ 3 kilomètres. On y accède facilement, il suffit de trouver et prendre le bon sentier sur la Plaza de Armas ! Près d’une heure d’ascension mais cela en vaut la peine : outre le site lui-même, la vue sur Cuzco est magnifique. Sacsayhuamán est une « forteresse » inca, très célèbre pour ses blocs de pierre (certains pèsent plusieurs dizaines de tonnes) si bien ajustés qu’il est rigoureusement impossible d’y glisser une aiguille. La présence d’un centre cérémoniel en haut laisse penser que Sacsayhuamán était peut-être plus un temple qu’une forteresse. D’ici la Plaza de Armas apparait comme étant l’unique point de verdure, bien carré, entouré de la cathédrale et de maisons à arcades recouvertes de tuiles rouges. La forteresse de Sacsajuamán (orthographe de l’Office du tourisme) est en fait une colline fortifiée, comprenant trois murs parallèles et vingt-et-un fortins. Les pierres sont gigantesques et le mystère relatif à l’édification reste entier, en ce qui concerne la provenance des blocs et leur érection. C’est devant la forteresse que, tous les 24 juin, se déroule la fête inca de l’Inti Rayni, lors du solstice d’été. La vue sur Cuzco, en contrebas, est magnifique. Seul (petit) bémol, la piste de l’aéroport régional gâche un peu le paysage…

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