0
Dans la foi
LES PREMIÈRES PAROLES DU RESSUSCITÉ  DANS LES QUATRE ÉVANGILES
LES PREMIÈRES PAROLES DU RESSUSCITÉ  DANS LES QUATRE ÉVANGILES

| Jean-Marc Lavigne

LES PREMIÈRES PAROLES DU RESSUSCITÉ  DANS LES QUATRE ÉVANGILES

"... Cet enfermement a été un peu notre expérience, à laquelle nous nous attendions si peu, durant ces deux mois ? ... "

Nous sommes habitués à méditer les sept dernières paroles du Christ en Croix, qui nous semblent les plus importantes, telles sa signature au bas du testament ! Et pourtant, ce ne sont pas ses ultimes paroles. 

Ressuscité, Jésus a continué à parler aux hommes… Paroles d’espérance, de promesse d’une nouvelle vie possible, pour les apôtres comme pour aujourd’hui !

Son Nouveau Testament prend alors un sens nouveau, à la suite de son confinement dans un tombeau, dans la mort... 

Envoi des 11 apôtres.jpg
Envoi des 11 apôtres.jpg ©
Envoi des 11 apôtres.jpg

Cet enfermement a été un peu notre expérience, à laquelle nous nous attendions si peu, durant ces deux mois ? Aujourd’hui, écoutons les premières paroles du Christ Ressuscité dans chacun des quatre évangiles. Entrons avec lui dans cette espérance inouïe…

 

« Je vous salue, ne craignez pas ! »   Mt 28, 9
Jésus dans ce salut souhaite une nouvelle étape pour l’humanité. Le jour d’après ! Jour de fraternité : « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée ! » La Bonne Nouvelle est pour tout homme, dans cette Galilée des nations. Les mauvaises comme les fausses nouvelles n’ont plus prise sur les croyants, puisqu’ils ont Dieu ! Je me souviens de ce mot d’un ami missionnaire : « Pourquoi t’en fais-tu donc ? L’essentiel est déjà passé. Le Christ est ressuscité ! »      
Ces saluts nous ont manqués et nous manquent. Gens du Midi, nous sommes des tactiles... À la manière de nos amis de « Foi et Lumière », atteints de trisomie, si heureux de nous étreindre. Comment consoler un bout-de-chou juste avec des mots d’adulte, sans geste de tendresse…
Joie de nous retrouver à nouveau. Joie de recevoir ce Dieu qui vient à notre rencontre. Je pense à l’émotion de Michel au moment de recevoir la communion : « Monsieur l’abbé, maintenant, j’ai fait mes Pâques ! »         
En même temps, nombreux sont ceux qui sont dans la crainte. Il faudra du temps, et nous n’avons pas à nous juger les uns les autres. Souhaitons que la paix, les gestes d’amitié puissent un jour être partagés. Que, dans la charité du Christ, nous puissions échanger un geste de paix…

 « De quoi discutiez-vous en chemin ? »        Luc 24, 17
Jésus interroge les deux disciples dépités sur le chemin d’Emmaüs. Il les rejoint là où ils sont, il les accompagne : « Dis-moi ta peine… Pendant ce confinement, de quoi tu as parlé le plus souvent ? » Tu aurais voulu partager tes inquiétudes, et tu as été noyé par un déferlement de messages. Tu as préféré entrer dans ta coquille et tu t’es coupé du monde. Tu as été englouti par les informations anxiogènes et contradictoires sans pouvoir discerner.
Et pourtant, tu as pu joindre des parents, des amis si lointains. Parler et être écouté. Vivre à un autre rythme. Être alors que tu ne pouvais plus faire. Redécouvrir la beauté de la nature et de la Création. De quoi as-tu parlé durant ces deux mois. Du futile si tragique qui t’a enfoncé dans le pessimisme, ou de l’essentiel qui t’a redonné vie et espérance ? Mon frère, ma sœur, relis chemin parcouru au long de ces deux mois, et relie entre eux les évènements qui font sens. Quand tu relis, tu relis…


« Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »    Jn 20, 15
En ce matin d’un premier jour de semaine, c’est une femme déconfite, triste à en mourir, Marie-Madeleine, qui vient faire les derniers gestes rituels auprès de cet homme qui l’a sauvé. Larmes de douleur, celles de nos deuils sans adieu au visage aimé, celles de nos angoisses, celles de nos colères contre nos gouvernants, celles de notre incompréhension devant le mal, celles de nos tensions liées au confinement… 
Qui cherchons-nous par-delà ces larmes ? Marie avait pleuré devant son péché. Elle a pleuré devant la mort de son « rabbouni. » Elle va enfin pleurer de joie, car elle retrouve le Vivant ! La vie continue. La vie est belle. Le printemps, la poussée de la végétation ont été si beaux. Le bonheur est simple : aimer, se laisser aimer. Regardons le sourire d’un enfant… Que cherchons-nous ? Qui cherchons-nous ?

« Allez dans le monde entier ! »          Mc 16, 15
Première et unique parole du Ressuscité chez Saint Marc. Passé le temps du confinement, nous réapprenons à quitter nos domiciles, avec prudence et quelque crainte.
« Nous sortirons ! » C’est l’appel d’une quinzaine d’associations catholiques à ne plus nous enfermer, nous refermer, nous fermer : « Nous faire penser à vivre autrement et penser le monde de demain, pour ne pas abandonner les plus pauvres, les plus fragiles, les personnes âgées, être encore plus créatifs parce que désormais le monde est différent… »
Le Seigneur nous envoie en pleine pâte humaine. C’est là qu’il nous attend. Ce monde sera-t-il comme avant ? Sera-t-il différent ? Comment savoir ? Mais je peux décider de la réponse personnelle que je vais donner : « Qu’est-ce qui en moi a bougé ? En quoi ces deux mois m’ont re-suscité ? Serai-je différent, serai-je autre ? » De cela, nous pourrons témoigner en allant en plein monde. Le monde entier n’est peut-être qu’au bout de ma rue, dans le quartier voisin…
« Jésus frappe à la porte de notre église, car il veut sortir », nous disait le Pape François. C’est là que nous nous sommes retrouvés, au dehors, ne pouvant plus pousser la porte pour entrer ! Voici que notre maison est devenue notre église domestique, que le monde est devenu notre Église. Allons-y ! Le Seigneur nous attend en plein monde !

Jean de SOOS, Prêtre à Carcassonne 

Répondre à () :


Captcha

Newsletter

Ne ratez aucune actualité !

Abonnez-vous à notre newsletter via ce formulaire.

| | Connexion | Inscription