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La Paroisse
Homélie prononcée par l'abbé Baptiste POCHULU pour la Nativité
Homélie prononcée par l'abbé Baptiste POCHULU pour la Nativité

| ND de la Bidassoa

Homélie prononcée par l'abbé Baptiste POCHULU pour la Nativité

Homélie de la Nativité du Seigneur

Messe de la nuit et messe du jour à Saint-Vincent Hendaye

 

Nous l’avons chanté : « Il est né le divin enfant » ! Dans « cette nuit très sainte, la lumière est venue éclairer notre monde »1 le Verbe éternel a pris chair de notre chair, Dieu a visité son Peuple. Oui, frères et sœurs, en ce jour de Noël, nous faisons mémoire de la naissance de l’Enfant-Dieu à Bethléem ; en faisant ainsi mémoire de cet avènement, nous nous approchons nous aussi de la crèche à l’exemple des bergers, nous nous attachons, à la suite des mages, à la lumière de l’étoile qui vient de se lever à l’Orient, nous souhaitons que la Lumière divine irradie notre cœur et toute notre vie, à l’image de la Vierge Marie, de Jean le Baptiste et des saints du Ciel. « Le thème de la lumière traverse toute la révélation biblique » du premier acte créateur, quand Dieu sépara le jour et la nuit (cf. Gn 1, 4-5), jusqu’à la consommation du temps. Toute l’Histoire du Salut, qui se déroule entre ce premier et ce dernier évènement, oscille entre jour et nuit, entre lumière et ténèbres, et ainsi de suite, en sorte de tension. Mais au cœur de cette histoire, il y a cette nuit très sainte où « la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » (Jn 1, 5)

 

Avez-vous remarqué le tableau de la Nativité qui se trouve dans cette église, sous la galerie de gauche ? Vous pourrez admirer deux détails... peut-être subtils, mais ô combien importants, criants de vérité et nous invitant à une contemplation toujours plus profonde et renouvelée du mystère de la Nativité du Sauveur.

Le premier est la source de la lumière qui irradie l’ensemble du tableau, de la scène, et vers laquelle converge notre regard. On pourrait croire qu’elle vient d’une bougie, d’un autre foyer ou d’une fenêtre ; ce qui serait naturel. Mais il n’en est rien ! C’est l’enfant emmailloté et couché dans la mangeoire qui est la source de la lumière. « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » (Jn 1, 9) En entrant dans le monde, le Christ accompli la prophétie du prophète Isaïe :

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi [...] Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » (Is 9, 1. 5) Et le cantique de Zacharie, que nous chantons tous les matins aux Laudes, nous le rappelle : « Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens : salut qui nous arrache à

l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs » (Lc 1, 69-71).

 

Quand [Dieu] le voulut, comme il le voulut, il manifesta sa Parole au temps fixé par lui-même, ~ cette Parole par laquelle il a tout créé. Sa Parole, qu’il tenait en lui-même et qui était invisible au monde créé, il la rend visible. Tout d’abord, il la profère comme une voix, il l’engendre comme la lumière issue de la lumière, il envoie comme Seigneur pour la création sa propre intelligence. Et celle-ci, qui était d’abord visible à lui seul et invisible au monde créé, il la rend visible, afin que le monde, en voyant cette épiphanie, puisse être sauvé.2

 

En écoutant saint Hyppolite de Rome et en méditant les paroles du Benedictus, nous comprenons que l’avènement dans la chair du Verbe éternel ne peut être dissocié de sa mission dans le monde et pour l’humanité.

  

Il s’agit là du second détail qu’il nous faut repérer sur ce tableau. Il se trouve au premier plan, dans la pénombre, et représente un homme égorgeant un agneau. Cela nous rappelle très certainement le sacrifice d’Isaac par son père Abraham, obéissant à Dieu et pour connaître la confiance de l’homme (Gn 22, 1-14). Mais il s’agit surtout d’une évocation, d’une allusion au sacrifice du Christ sur la Croix pour notre salut (1 P 1, 18-19 : « Vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles [...] que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ »). C’est également une image de ce que l’ange a annoncé aux bergers : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Lc 2, 11) Saint Augustin commente et médite cet avènement :

 

Homme, éveille-toi : pour toi, Dieu s’est fait homme. Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera (Ep 5, 14). Pour toi, je le

répète, Dieu s’est fait homme. Tu serais mort pour l’éternité, s’il n’était né dans le temps. Tu n’aurais jamais été libéré de la chair du péché, s’il n’avait pris la

ressemblance du péché. Tu serais victime d’une misère sans fin, s’il ne t’avait fait cette miséricorde. Tu n’aurais pas retrouvé la vie, s’il n’avait pas rejoint ta mort. Tu aurais succombé, s’il n’était allé à ton secours. Tu aurais péri, s’il n’était pas venu. Célébrons dans la joie l’avènement de notre salut et de notre rédemption. Célébrons le jour de fête où, venant du grand jour de l’éternité, un grand jour éternel s’introduit dans notre jour temporel et si bref.3

 

Toute la vie du Christ n’est qu’un mystère d’unité qui, dès la crèche et jusqu’à la Croix, nous dévoile la mission du Verbe fait chair. En effet, le Fils de Dieu, à la plénitude des temps fixée dans la profondeur impénétrable du plan divin, a épousé

la nature humaine pour la réconcilier avec son Créateur ; c'est ainsi que le démon, inventeur de la mort, allait être vaincu par cette nature même qu'il avait vaincue.4

En cette sainte nuit, « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » (Tt 2, 11), car il « a voulu prendre notre humanité »5, afin qu’au jour de Pâques, celui qui « s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes », fasse de nous son Peuple (cf. Tt 2, 14) par le bain du Baptême et le don du Saint Esprit (cf. Tt 3, 5), et qu’ainsi « rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. » (Tt 3, 7) En effet, il est la « lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à [son] peuple » (Lc 2, 31) et « à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom » (Jn 1, 12) pour pouvoir « participer à la divinité de [son] Fils »6.

 

Frères et sœurs, telle est notre Foi, telle est notre Espérance ; 

laissons-nous toucher et renouveler par la Lumière qui brise nos ténèbres,

irradie nos vies et éclaire notre route.

 

Amen.

  

1 Collecte, Messe de la nuit de Noël.

2 Saint Hyppolite de Rome, Traité contre l’hérésie de Noet, in Bréviaire, Office des lectures, 23 décembre.

3 Saint Augustin, « Éveille-toi », Sermon pour Noël, in Bréviaire, Office des lectures, 24 décembre.

4 Saint Léon le Grand, Sermon pour Noël, in Bréviaire, Office des lectures, 25 décembre.

5 Collecte, Messe du jour de Noël.

6 Idem.

 

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Nativité ©
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