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La Paroisse
Homélie du premier dimanche de l'AVENT
Homélie du premier dimanche de l'AVENT

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du premier dimanche de l'AVENT

PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT  B

 

          Il parait que Noël sera bien différent des autres Noël, cette année.

          Différent ? Mais en quoi ?

          Un Noël moins festif, un Noël prudent, un Noël très encadré, un Noël responsable. Pas de restaurant, pas de bars, pas de ski, on dit même : pendant le repas en famille, les vieux dans une pièce et les plus jeunes dans une autre pour ne pas se fourguer ce satané virus.

 

          Donc Noël sera différent. Et on prend acte.

 

          Mais en tant que chrétiens, est-ce que ce sera un Noël différent ?

          Noël reste Noël, grâce à Dieu.

 

          Noël restera Noël, grâce à toi !

 

          Mais bien sûr que oui ! Qui pourra nous voler notre espérance ? un confinement qui s’allège mais nous agace encore ?

 

          Noël restera Noël, grâce à toi !

 

          = Et ça sera sans doute un Noël plus vrai encore, désencombré de ce qui nous fait oublier son sens le plus profond : Dieu est notre Père en nous offrant son Fils Jésus qui est venu parmi nous par la petite porte d’une jeune maman, la petite entrée d’une simple crèche, mais par grande ouverture de son cœur rempli d’Amour pour nous et pour tous.

 

          Alors elle est belle et lumineuse cette révélation du prophète Isaïe : « C’est toi, Seigneur, notre Père. Nous nous sommes éloignés de toi. Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre Père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes… »

 

          Noël restera Noël si chacun de nous accepte de rester entre les mains de Dieu, son Père. Un Père qui sécurise, qui console, qui nous façonne. Nous découvrons que nous sommes l’ouvrage de ses mains.

 

          Petit enfant j’ai beaucoup aimé regarder les mains de mon Père, l’intérieur de ses mains. C’est beau. Je me sentais protégé, je savais qu’avec lui rien de mauvais ne pourrait m’arriver ; et qu’en cas de peine ou de chute, sa main paternelle me relèverait.

          Vous tous les pères de familles, soyez accessibles à vos enfants, vous êtes des reflets de Dieu Père.    

Alors nous tous, devenons plus simples, et plus vrais, comme des enfants devant Dieu notre Père tout puissant d’Amour.

 

          Non, Noël ne nous est pas confisqué, il brille déjà de mille feux intérieurs : Dieu est notre Père.

 

          = Noël restera Noël parce que Jésus, le Fils de ce Père, nous demande d’être des veilleurs. Oh ! pas des veilleurs avec des lunettes télescopiques super sophistiquées pour regarder le ciel ou pour scruter et comprendre notre monde si perturbé. Non. Mais des veilleurs-serviteurs à qui notre maître a tout donné ; vous entendez : il nous a TOUT donné pour ne pas laisser s’éteindre la lampe de l’espérance.

 

          Alors il faut aller la chercher cette lampe, mes amis. Elle est par là dans notre maison, notre grenier, au plus enfoui de nous-même : lampe pleine de poussière due à nos découragements qui masquent tout le reste, à nos épuisements pour comprendre ce qui nous arrive, à nos heures passées devant nos écrans qui nous étourdissent.

          C’est là-dessous, là-derrière, là au fond que nous l’avons perdue notre lampe.

          L’ayant retrouvée et dépoussiérée, nous la présenterons au maître de la « maison commune », Jésus, qui nous la rendra bien allumée pour la faire rayonner.

 

          Et nous serons ces veilleurs-serviteurs qui découvrirons notre vraie place au milieu de nos frères, surtout de celles et ceux qui n’ont plus d’huile pour leur lampe et qui vivent dans la nuit : les pauvres, les laissés pour compte, les victimes physiques du virus, mais aussi ses victimes psychologiques, économiques et sociales.

 

          Oh ! cela peut nous paraître tellement loin de nos capacités… et pourtant c’est à nous de vivre cette veille dans le concret de nos vies.

          Notre lumière de veilleur est certes faible et fragile, mais c’est la lumière du témoignage de la foi, d’une vie que nous voulons vivre contre vents et marées dans l’amour, la justice et la paix… et j’ajouterai avec notre pape François la lumière de la fraternité faite de « dialogue et d’amitié sociale » comme il le précise dans sa dernière encyclique.

          Et puis nous ne sommes pas seuls à croire à cette forme de Noël, la vraie : c’est la communion de toutes les petites veilleuses qui allume le feu et transforme le monde.       

 

          Alors en ce début de l’Avent, nous avons devant nous quatre semaines pour préparer un vrai Noël chrétien.

Il faut nous demander chacun et en famille : qu’est-ce qui est essentiel pour nous, comment allons-nous être des veilleurs-serviteurs et non des veilleurs-consommateurs ?

 

VEILLEURS DANS LA PRIÈRE. Il faut que la prière ait sa place bien prévue dans chacune de nos journées ; prier c’est veiller.

 

VEILLEURS DANS L’AMOUR. Il faut que nous nous engagions pour déjouer dans ce monde tout ce qui l’asservit, l’assombrit.

Il faut que nous soyons surtout attentifs aux autres qui sont malmenés par notre société.

 

VEILLEURS DANS LA SOBRIÉTÉ

Il faut que nous apprenions la sobriété pour respecter la nature qui est notre maison commune. Que de gaspillages, de déchets jetés n’importe où, de consommations d’énergie irresponsable.

 

Dans tous ces rendez-vous quotidiens, de Prière, d’Amour et de Sobriété c’est Jésus, le maître-serviteur qui vient à n’importe quelle heure ; « et il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. » vient-il de nous dire dans l’évangile.

 

          Voilà ce qui doit nous tenir en éveil jour et nuit.

         

          Et Noël restera Noël, grâce à Dieu, grâce à toi !

         

                                                                     Amen.

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