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La Paroisse
Homélie du mercredi des Cendres
Homélie du mercredi des Cendres

| Jean-Marc Lavigne 943 mots

Homélie du mercredi des Cendres

MERCREDI DES CENDRES 2022

 

          Alors que nous commençons notre cheminement du Carême, à moins de quatre heures de chez nous, des exilés ont commencé aussi leur cheminement pour fuir la guerre. Nous ne pouvons pas les oublier ce soir… ce mercredi des Cendre était une journée de Prière et de Jeûne demandé par le Pape pour la paix entre la Russie et l’Ukraine. En rentrant chez nous ce soir, nous pourrions prier et jeûner. Et la paroisse organisera 4 vendredis de Carême une heure pour Jeûner et Prier ; rejoignant aussi l’appel du CCFD TERRE SOLIDAIRE « Nous habitons tous la même maison ».

 

          Donc notre cheminement du Carême s’ouvre par les paroles du prophète Joël, qui indiquent la direction à suivre. C’est une invitation qui naît du cœur de Dieu qui, avec ses bras grands ouverts et ses yeux pleins de nostalgie nous supplie : « Revenez à moi de tout votre cœur ».

 

          Revenez à moi. Le Carême est un voyage de retour à Dieu. Que de fois, affairés ou indifférents, lui avons-nous dit : “Seigneur, je viendrai vers toi après, attends… Aujourd’hui je ne peux pas, mais demain je commencerai à prier et à faire quelque chose pour les autres”. Et ainsi un jour après l’autre.

Maintenant Dieu fait appel à notre cœur.

Dans la vie nous aurons toujours des choses à faire et nous aurons des excuses à présenter, mais, frères et sœurs, aujourd’hui c’est le temps de revenir à Dieu.

          Revenez à moi, dit-il, de tout votre cœur. Le Carême est un voyage qui implique toute notre cœur, autrement dit toute notre vie, tout notre être.

 

Le Carême n’est pas une collecte de bonnes actions. C’est discerner vers où est orienté notre cœur. Cela est le centre du Carême : vers où est orienté mon cœur ? Essayons de nous demander : où me mène le navigateur de ma vie, vers Dieu ou vers mon moi ?

Est-ce que je vis pour plaire au Seigneur, ou pour être remarqué, loué, préféré, à la première place ?

Ai-je un cœur “qui danse”, qui fait un pas en avant et un pas en arrière, qui aime un peu le Seigneur et un peu le monde, ou bien un cœur ferme en Dieu ?

Le voyage de retour à Dieu est entravé par nos attachements malsains, il est retenu par les liens séduisants des vices, par les fausses sécurités de l’argent et du paraître, par la lamentation d’être victime. Le voyage du Carême est un exode, un exode de l’esclavage à la liberté.

 

          Nous sommes tombés : nous sommes des enfants qui tombent continuellement, nous sommes comme des petits enfants qui essayent de marcher mais tombent par terre, et qui ont besoin d’être relevés à chaque fois par le papa. C’est le pardon du Père qui nous remet toujours debout : le pardon de Dieu

La Confession, est le premier pas de notre voyage de retour. Et nous, prêtre, ministres de ce sacrement, nous écoutons le pape qui nous dit : « Confesseurs : soyez comme le père du fils prodigue, non pas avec le fouet, mais avec l’accolade. »

 

           Ce soir c’est aussi de la cendre sera imposé sur notre terre, notre front. La cendre nous rappelle que nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière. Mais sur notre poussière, Dieu a soufflé son Esprit de vie. Alors nous ne pouvons pas vivre en poursuivant la poussière, en suivant des choses qui aujourd’hui existent et qui demain disparaitront. Revenons à l’Esprit Saint, dispensateur de vie, revenons au Feu qui fait renaître nos cendres, à ce Feu qui nous enseigne à aimer.

          Retournons prier l’Esprit Saint, redécouvrons le feu de la louange, qui brûle les cendres de la lamentation et de la résignation.

 

          Frères et sœurs, notre voyage de retour à Dieu est possible seulement parce que son voyage « aller » / vers nous / a eu lieu.

Avant que nous n’allions à lui, lui est descendu vers nous. Il nous a précédés, il est venu à notre rencontre. Pour nous, il est descendu plus bas que ce que nous pouvions imaginer : il s’est fait péché, il s’est fait mort. 

C’est ce que nous a rappelé Saint Paul : « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a, pour nous, identifié au péché » 

Parce que là, là où nous sommes les plus vulnérables, là où nous avons le plus honte, il est venu à notre rencontre. Et maintenant qu’il est venu à notre rencontre, il nous invite à revenir à lui, pour retrouver la joie d’être aimés.

 

Seigneur, tu nous appelles à déchirer nos cœurs

pour rejeter les apparences et le superflu.

Que ce temps de Carême,

Qui s’ouvre ce soir,

soit pour chacune et chacun d’entre nous

un temps d’intériorité féconde

qui nous tourne vers toi,

et ouvre grands nos cœurs à ta Création

et aux plus pauvres

de nos frères et sœurs. Amen

 

 

 A un autre moment de la célébration : 

" Seigneur, Toi le Prince de la Paix, écoute notre prière,

Nous nous tournons vers Toi

alors que les bruits de guerre résonnent en Europe.

Seigneur, reste proche du peuple ukrainien

nié dans sa dignité d’être peuple,

Seigneur, brise l'orgueil des puissants,

change les cœurs de pierre en cœurs de chair.

Seigneur, suscite des artisans de paix,

des ambassadeurs de réconciliation.

Seigneur, Toi qui as imposé le silence à la mer,

fais que se taisent les armes.

Seigneur, sème les prémices de Ton royaume

sur les chemins de cette Terre,

Que Ton règne vienne. Amen”  

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