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La Paroisse
Homélie du dimanche de l'Epiphanie
Homélie du dimanche de l'Epiphanie

| Jean-Marc Lavigne 968 mots

Homélie du dimanche de l'Epiphanie

ÉPIPHANIE 2022

 

          Nous connaissons bien cette page d’évangile… elle a inspiré beaucoup de peintres et de poètes ; et je me rappelle que même la chanteuse de variété Sheila, à l’époque de mon enfance, en avait fait un tub : comme les rois mages en Galilée suivaient des yeux l’étoile du berger, je te suivrai, là où tu iras j’irai, fidèle comme une ombre, jusqu’à destination !

C’était en 72. Il y a juste 50 ans. J’étais en 4ème.

 

          Mais, plus sérieusement, revenons au texte évangélique :

          Il y a ici beaucoup d’idées que je pourrais développer mais cela demanderait plus de temps que celui d’une homélie.

 

          Alors cette année, je choisis de vous commenter l’attitude des mages quand ils trouvent Jésus après leur longue marche à l’étoile…

 

          « Ils entrèrent dans la maison, ils vivrent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. »

 

          = Attitude 1 : Ils virent l’enfant avec Marie.

Imaginez-vous leur joie de voir… jusque là ils cherchaient à voir… ils avaient cherché dans les astres, ils avaient cherché en s’informant auprès des puissants de Jérusalem… et cette recherche les avait mis en mouvement : ils ont quitté leur pays à l’aventure avec au cœur cette conviction : si on part c’est pour voir, pour voir le roi des Juifs…

Maintenant, ils le voient : c’est Jésus, bébé avec sa jeune maman Marie.

 

Et nous est-ce que nous cherchons encore… ou est-ce que nous pensons avoir trouvé ? Est-ce que notre vie n’est que routine, sur place, reproduction de gestes sans saveur ? Cela est un risque même pour les prêtres qui peuvent s’habituer à faire, à célébrer, à parler, à mener leur paroisse…

 

Ces mages, mes amis, venus d’ailleurs, étrangers, nous invitent à chercher toujours ; ils nous invitent aussi à voir Jésus dans sa crèche qu’est aujourd’hui toute personne dont nous nous approchons, surtout si elle est pauvre, différente de nous, inattendue et j’ajoute les jeunes migrants qui passent justement par Biriatou et que vous aidez, alors qu’ils cherchent par où passer, qu’ils cherchent le chemin pour Bayonne, qu’ils cherchent cette étoile qu’est une vie plus humaine que dans leur pays qu’ils ont décidé de quitter l’âme en peine… oui, c’est à un  déplacement toujours nouveau, à un regain d’ouverture aux autres, que nous sommes appelés par cette fête de l’Epiphanie. C’est ainsi que nous devons chercher Jésus et que nous le verrons : dans nos frères surtout ceux qui nous n’attendions pas.

 

On voit aussi Jésus dans sa parole quand on lit l’évangile et qu’on prend le temps suffisant pour le méditer, l’imaginer même, le rendre bien présent à nos vies.

 

On voit bien sûr Jésus dans l’Eucharistie, dans cette hostie que je tiendrais entre mes mains de pécheur pour vous la montrer : ensemble nous verrons alors Jésus.

Oh souvent, on a du mal à le voir car on nous gave les yeux d’images médiatiques ou publicitaires ou simplistes qui nous aveuglent… qui bouchent nos yeux à la vision de Jésus.

 

          = Attitude 2 : tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui.

Ces grands venus d’Orient, sûrement des chercheurs de haut rang, abaissent leur superbe, se mettent au niveau de l’enfant de la crèche ; leurs beaux vêtements se plissent et se mêlent à la paille, leurs genoux frappent le sol, ils sont là face à face, au même niveau que Jésus… comme des enfants… comme prêts à l’embrasser… ils sont prosternés, en adoration.

 

Aujourd’hui, se mettre à genoux, se prosterner est davantage une attitude de soumission que nous n’aimons pas adopter… sauf quand nous sommes en présence d’un bébé par exemple… on se penche alors sur son berceau… on se baisse vers lui… et cela nous rend très heureux et même émus…

N’oublions pas que plus tard, Jésus, la veille de sa mort, se prosternera, se mettra à genoux, devant ses apôtres pour leur laver les pieds… puis il leur demandera : « Faites de même entre vous… »

C’est l’attitude du service des autres, c’est l’attitude de la proximité, c’est la fin des privilèges, des passe-droits et des hiérarchies, c’est le début d’une fraternité féconde.

C’est entrer dans la famille du Christ en nous considérant frères avec lui et entre nous.

C’est aussi l’attitude de la prière, être à genoux, adorer, se présenter à Dieu en toute confiance.

 

          = Attitude 3 : Les mages ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Ils y avaient pensé avant de prendre la route : ils avaient préparé leurs cadeaux : et ils ouvrent leurs coffrets d’or, d’encens et de myrrhe. Ils offrent à Jésus le plus beau de ce qu’ils possèdent et ainsi leur don est signe de ce que sera Jésus.

L’or pour montrer qu’il est Roi. L’encens pour montrer qu’il est Dieu. La myrrhe pour montrer qu’il est Homme et qu’il mourra comme tous les hommes.

Par ces offrandes, les mages expriment toute leur foi

Et nous, nous devons aussi ouvrir nos coffrets et donner au Christ Jésus toute notre foi.

On ouvrant nos cœurs, donnons-lui toute notre vie dans une offrande généreuse et confiante.

Il est notre Roi, notre Dieu et notre Frère.

 

          En ce tout début d’année 2022, je vous transmets mes meilleurs vœux dans l’esprit des mages :

 

-        Cherchez à voir Jésus

-        Prosternez-vous devant lui et avec lui devant vos frères

-        Offrez-lui le coffret de votre cœur.

 

          Ainsi cette année sera bonne et heureuse pour chacun et pour tous ; vous serez courageux pour affronter les soubresauts de la vie ; tout -même le pire- sera éclairé par la présence lumineuse du Christ.

 

 

                                                                     AMEN

 

         

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