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La Paroisse
Homélie du cinquième dimanche du temps ordinaire
Homélie du cinquième dimanche du temps ordinaire

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du cinquième dimanche du temps ordinaire

CINQUIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

 

          Il ne tient pas en place, ce Jésus : pourrions-nous dire !

          Pourtant ce n’est pas de l’activisme qui serait une recherche de lui-même dans l’action : c’est ce que vit aussi St Paul, quand il écrit aux chrétiens de la ville de Corinthe : « Annoncer l’évangile, est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile ! C’est une mission qui m’est confiée ».

 

          Oui, Jésus aurait pu dire cela ; l’évangile qu’il annonce c’est lui-même, c’est lui Jésus qui est la bonne nouvelle pour tous ceux qu’il rencontre et d’abord tous les souffrants (malades et possédés). En rencontrant Jésus ils rencontraient un libérateur du corps et du cœur.

Alors Jésus se donne corps et âme à sa mission : pour lui, pas de RTT, pas de congés, pas de week-end, pas même de couvre-feu (dirais-je avec le sourire) ; il n’avait même « pas d’endroit où reposer la tête » et il n’avait « même pas le temps de manger » (dit ailleurs l’évangile).

 

          Cette mission, Jésus l’a reçue de Dieu son Père qui l’a envoyé sur la terre il y a plus de 2000 ans pour montrer à tous son Amour de Père.

 

          Et cette mission si prenante, Jésus sent le besoin de la vérifier régulièrement, longuement, paisiblement loin des foules : c’est sa prière au Père.

 

          Et après avoir révisé sa journée en présence de son Père, Jésus repart de plus belle continuer sa mission sans se laisser enfermer ni freiner par aucun lieu ni aucun groupe… il parcourt toute la Galilée, proclamant l’évangile dans les synagogues et expulsant les démons.

« Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Evangile, car c’est pour cela que je suis sorti. »

 

          On peut dire que sans cesse, Jésus allait et venait entre ses frères et son Père. A genoux sous le regard du Père, et à genoux près des hommes qu’il relevait.

 

          On dirait aujourd’hui qu’il allait et venait entre l’action et la contemplation.

 

          La semaine dernière, j’attirais votre attention sur le besoin de cohérence entre les paroles et les actes.

 

          Aujourd’hui, ensemble, regardons comment dans nos vies nous savons ou pas vivre la cohérence entre nos actions et notre prière.

 

          Trop d’action sans contemplation, épuise : on s’épuise et on épuise les autres.

 

          Trop de contemplation sans action, est déséquilibré : d’ailleurs st Benoît, le fondateur de l’ordre des bénédictins demandait à ses moines de vivre avec sérieux ORA et LABORA : la prière et le travail.

Sans être des moines, nous devons aussi y veiller.

Et dans nos emplois du temps, de même que dans l’aménagement de nos maisons ou appartements, nous devons faire une place visible, repérable, incitative pour la prière ; alors nous serons prêts à affronter toutes les étapes de notre vie.

          C’est vital !

 

          A 10 jours du Carême, (eh oui, déjà !) pensons à préparer nos cœurs, notre foi et notre maison pour ne pas faire passer à la trappe la prière qui alimentera notre agir.

 

          Et un peu plus tard, de fin février à début mars nous serons aidés en cela par la mise en place dans notre paroisse d’une semaine de prière accompagnée. Nous en reparlerons.

 

          En vous disant cela, je me rends compte que l’action est plus évidente que la prière ; je veux dire par là que nous sommes bien obligés de travailler, de faire attention à notre famille, d’être solidaires, de partager, d’aimer… et, ma foi, nous le faisons je crois avec courage ; sauf dans nos moments de dépression où là tout est brisé en nous et nous sombrons. Dure épreuve qui peut nous atteindre tous…

 

          En revanche la prière, régulière, aimante, face à face avec le Seigneur, en laissant tout de côté, en coupant nos portables, nos ordinateurs et leurs réseaux sociaux, nos télévisions, nos radios… pour nous mettre à genoux ou assis bien droit à la maison, cela est plus ardu.

          La prière est pourtant notre oxygène, notre perfusion contre le virus de l’asphyxie du surmenage et de l’action effrénée.

 

          Un ajout qui sera une illustration de ce que nous venons de partager : c’est aujourd’hui le DIMANCHE DE LA SANTE. Avec le sous-titre suivant, tiré de l’évangile de ce jour : « Tout le monde te cherche ».

          Oui, tout le monde cherchait Jésus et il guérissait toute la journée ; mais jamais sans se lever de très bonne heure d’abord pour prier.

          Ce dimanche de la santé me donne, nous donne, l’occasion de remercier tous les soignants du secteur privé comme du secteur public qui se donnent avec tant de générosité, d’humanité et de compétence pour se tenir au chevet des malades : aides-soignants, infirmiers, médecins, chirurgiens, professeurs mais aussi brancardiers, personnels ouvriers et administratifs.         

 

          C’est aussi pour nous l’occasion de mieux prier pour tous les malades, notamment ceux qui se soignent contre la COVID mais aussi tous les autres, et leurs familles.

 

          Jeudi prochain, en fêtant Notre Dame de Lourdes nous les porteront spirituellement devant la grotte de Massabielle pour que soignants et patients se fassent confiance et se respectent dans une réciprocité selon le cœur du Christ Jésus, lui qui ne se détournait d’aucun souffrant et qui recevait des personnes qu’il guérissait et de la foule une grande reconnaissance.

 

          Conclusion et résumé :

          En matière de santé, comme dans toute notre vie, agir et prier sont les deux jambes qui nous tiennent debout.

 

          Sans ces « deux jambes » nous n’irons pas loin : ni vers nos frères, ni vers Dieu.

 

                                                                     Amen

 

 

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Jésus... bien avant l'aube... là, il priait ©
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