0
La Paroisse
Homélie du 3ème dimanche du temps ordinaire et fête de saint Vincent Bixintxo
Homélie du 3ème dimanche du temps ordinaire et fête de saint Vincent Bixintxo

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du 3ème dimanche du temps ordinaire et fête de saint Vincent Bixintxo

20210122_160818.jpg
saint Vincent Bixintxo ©
20210122_160818.jpg

TROISIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE  B

Saint-Vincent « Bixintxo »

 

          Jésus invite Simon et André, Jacques et Jean à une nouvelle vision de la vie. Les années qui leur restent seront consacrées aux autres : « Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ».

 

Une des dimensions essentielles de la vie chrétienne est de porter du fruit, de bien utiliser les années qui nous sont données. Notre vie est un « pèlerinage et nous sommes de passage. Nous vivons au temps de la « paroikia », qui veut dire en grec « séjour dans un pays étranger » ou « pèlerinage ». De là les mots « paroisse » et « paroissien ». Donc nous ne devons pas nous installer…

 

Nous sommes ici-bas de façon transitoire, et le provisoire fait partie de notre vie.

Du moment de la conception jusqu’à la mort, nous devons continuellement nous désinstaller pour aller de l’avant : après neuf mois dans le sein de notre mère, il y a la naissance, suivie de l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte, du temps de la retraite, de la période de vieillesse... Nous devons continuellement nous repositionner et nous réadapter à une réalité nouvelle… C’est ce que vivent les migrants qui frappent à nos portes. J’ai l’honneur d’en côtoyer régulièrement cinq ou six de moins de 20 ans ; leur déplacement n’est pas du tourisme ; ils m’édifient par leur courage et leur recherche spirituelle aussi… car cela est vrai également au niveau de notre foi : elle a ou elle a eu ses hauts et ses bas, il peut y avoir un temps de grande confiance en Dieu et un temps de rejet, un temps d’indifférence et un temps de découverte de son Amour.

          Un vagabondage vers d’autres sagesses ou spiritualités puis une rencontre avec le Christ qui bouleverse et demandera encore des déplacements à sa suite.

C’est rarement linéaire et fleuve tranquille en matière de foi. Oui, la recherche de Dieu nous désinstalle.

 

Dans l’évangile, le Seigneur désinstalle ses quatre disciples et les recentre sur les gens autour d’eux. Ils deviennent des « pêcheurs d’hommes » et non seulement des pécheurs de poissons. Ils seront appelés (en gardant cette image de la pêche) à sortir les gens des eaux dangereuses du péché, de l’erreur ou de l’ignorance pour être plongés dans les eaux vives de l’Amour du Christ, n’est-ce pas le sens du baptême pour la vie éternelle ? : « l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » disait Jésus à la Samaritaine.

 

Ainsi par l’évangile de ce dimanche, Jésus nous dit que le temps présent est une porte ouverte sur un avenir meilleur…

Il ne s’agit pas de pleurer sur le temps qui passe, mais d’accueillir avec gratitude les « temps nouveaux » qui s’ouvrent à nous.

« Les temps sont accomplis » ! nous a dit Jésus. C’est là une invitation à considérer la vie sous une optique d’éternité. Oui, nous sommes au seuil du monde nouveau. Il est déjà là ce monde et il sera plus tard encore plus beau, car transfiguré et offert par Dieu dans la joie du ciel.

 

C’est dire que le temps, notre temps, est une période de grâce ; alors laissons-nous déplacer, laissons-nous convertir. « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » nous propose Jésus.

Il y a plus de 2000 ans, Jésus a vécu dans un siècle de guerre et d’injustice. Les tyrans gouvernaient, et les légions romaines opprimaient les peuples sans se préoccuper des conséquences néfastes pour ceux et celles qui leur étaient soumis. Il suffit de lire certains volumes d’histoire pour nous rendre compte de la violence de l’Empire. Eh bien c’est dans ce monde d’esclavage et d’abus de pouvoir que Dieu choisi d’envoyer son Fils pour offrir une vision nouvelle, une vision différente, plus humaine et plus juste, afin de redonner l’espérance et encourager ses disciples à créer un monde meilleur, un monde plus fraternel.

 

          C’est ainsi qu’au fil du temps des hommes et des femmes sont devenus des témoins de Jésus et de son Évangile, souvent en contradiction avec un certain esprit figé du monde et de la religion : ils n’ont pas eu peur d’affronter l’indifférence, la haine et les persécutions.

         

SAINT VINCENT, notre Bixintxo, a été de ceux-là. En période de persécution intense contre les chrétiens, que de déplacements n’a-t-il pas dû opérer. Son évêque était bègue, il parle à sa place ; le gouverneur de sa région veut le faire abjurer, il reste fidèle au Christ sous les tortures les plus raffinées de l’époque.

          Et même, dans notre dévotion locale, il n’était pas honoré pendant de longues années, un autre Vincent était honoré ici, Saint Vincent de Xaintes, jusqu’à ce que les pêcheurs d’Hendaye le choisissent et le vénèrent parce que c’est ce Vincent, le jeune diacre de Saragosse, qui était au calendrier de janvier, période où ils étaient dans leurs familles et non en pleine mer, aptes à célébrer la fête religieuse de leur nouveau saint patron. Déplacement là encore…

 

          Déplacement et conversion sont très liés. C’est presque la même chose, la même attitude intérieure à avoir pour un bouleversement profond de notre relation aux autres, au monde et à Dieu.

           La foi ne signifie pas s’enfermer dans un cocon tranquille, dans un monde rassurant où tout semble bien à sa place et qu’il ne faut surtout pas bouger ni questionner.

          Suivre le Christ, c’est accepter de s’engager dans une aventure à découvrir chaque jour. Accepter de remettre en question tout ce qui a trop de valeur pour nous : nos biens matériels, nos familles, nos sentiments. Nous ne devons pas en faire des absolus et nous contenter de cela.

Le Christ ne vient pas changer la superficie des choses et des gens, il n’est pas superficiel.

La rencontre du Christ vient tout changer et tout transformer en nous.

Oui, aujourd’hui, il dit à chacun de nous et à notre communauté paroissiale : « les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous en croyez à l’Evangile. » et aussi « venez à ma suite ».

 

          Que Saint Vincent, Bixintxo, veille sur nous et nous aide à vivre tous les changements de nos vies comme un appel joyeux à la sainteté !

 

                                                                     Amen

 

 

3DOB...jpg
3DOB...jpg ©
3DOB...jpg

Répondre à () :


Captcha

Newsletter

Ne ratez aucune actualité !

Abonnez-vous à notre newsletter via ce formulaire.

| | Connexion | Inscription