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La Paroisse
Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire
Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire

29ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE  A

 

          Cette page d’évangile nous montre un face à face entre Jésus et des ennemis à lui (pharisiens et partisans d’Hérode) qui veulent le piéger… mais cela de façon détournée.

         

1/ Leurs premiers mots semblent très respectueux pourtant : « Maitre, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité… »

 

          Nous-même, nous tentons d’être vrai et de faire gagner la vérité… mais comme cela est difficile d’être vrai !

Il y a tant de fake-news autour de nous. C’est si facile de faire courir un bruit sur telle ou telle personne ; et cela va la démolir rapidement.

Les réseaux sociaux turbinent à plein, comme des rouleaux compresseurs détruisant sans vergogne...  

Reconnaissons-le, nous nous arrangeons parfois un peu vite avec la vérité, jonglant dans nos choix sans trop oser nous engager ; et nous cherchons finalement à nous justifier.

 


          Dimanche dernier, l’Église déclarait Bienheureux un jeune chrétien italien, Carlo ACUTIS, mort à 15 ans.  

Passionné d’informatique, vrai « geek », il a créé une exposition sur les miracles eucharistiques qui a fait le tour du monde. Il aimait le foot. A 13 ans, il faisait déjà des maraudes, allant servir des repas à des pauvres du quartier. De plus, et là nous rejoignons le « rapport à la vérité » : Carlo ne critiquait jamais personne ! 

Voilà la source de la vérité : accepter et aimer les autres tels qu’ils sont, avec bienveillance. Respecter chacun, chacune, dans ce qu’il est !

 

2/ Puis, dans le texte d’évangile de ce dimanche, après avoir dit à Jésus qu’il était toujours vrai et enseignait en vérité… voilà que ceux qui lui parlent dégainent leur arme : ils vont essayer de piéger Jésus.

Mais Jésus qui sait tout connaît leur cœur tordu ; il sait que ces hommes ne cherchent pas la vérité mais qu’ils veulent le mettre en difficulté tout en restant figés dans leurs idées et idéologies.

 

Aussi, Jésus les fait cheminer en les prenant en défaut, puisqu’ils ont sur eux des pièces de monnaie à l’effigie de l’empereur ! Il les invite à sortir de leurs jugements a priori. Ils ont oublié que l’homme est l’image de Dieu !

Saint Vincent de Paul disait que si nous regardons un petit, un pauvre, il est comme une pièce ou une médaille ; et qu’en la retournant, nous découvrons Jésus.

 

Notre Eglise, termine aujourd’hui sa Semaine Missionnaire Mondiale. Quelle est notre mission de chrétiens ? Être des prophètes ! 

 

Notre société est capable de bien des contorsions avec la vérité, dans ses choix éthiques, ses prétendues valeurs qui prennent racine trop souvent dans les seuls désirs de bien-être et d’égoïsme.

 

L’urgence pour l’Église et les Chrétiens, c’est d’être des témoins du respect de la vie ! Du commencement de la vie d’un bébé jusqu’à la fin naturelle de toute personne, mais aussi du respect de toutes et de tous pendant les années de vie (en couple, en famille, au travail, dans le quartier, au lycée, dans le sport, dans la vie associative) oui, le respect de la vie. Mais aussi en même temps (et je sais que cela agace certains d’entre nous, mais il faut que je vous le dise) en ayant le souci concret de l’accueil de l’étranger, du migrant qui cherche à vivre une nouvelle vie avec nous.

Défendre la vie, est-ce ringard ? C’est bien plutôt prophétique ! Seigneur, donne-nous l’audace des prophètes ! Mais avec des moyens simples, nos mains vides et nues, sans violence, sans fanatisme (oh triste actualité d’hier : un enseignant décapité par un jeune fanatisé).

En revanche, aimons les moyens que nous donne notre conscience pour discuter, chercher la vérité ensemble, user des moyens démocratiques pour faire avancer le sort des plus pauvres, comme les manifestations, les pétitions, les articles de journaux, les dessins… qui sont nos belles armes pour faire avancer le sort des plus faibles de la société.

 

Notre Dieu n’est pas calfeutré dans quelque temple ou église et ce n’est pas là que nous devons y reconnaître nos frères et sœurs, mais dans la rue, tous les jours, dans les carrefours et les places publiques, en posant les gestes significatifs de respect et même d’amour du prochain.

 

Jésus nous appelle à cette liberté de penser et d’agir indispensable pour voir la réalité et éclairer notre conscience.

A ce propos, j’aime bien ce qu’on voit parfois écrit sur les murs, « éteignez vos télés, allumez vos cerveaux ! » Éteignez un peu vos portables pour parler avec celui qui est à côté de vous. Goûtez le silence.

 

A ses détracteurs, Jésus avait dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».  

Jésus veut séparer le temporel et le spirituel. En ce sens la laïcité vécue en France est une bonne chose.

Jésus ne nous demande pas pour autant d’être les ennemis de ceux qui exercent le pouvoir ; et de faire une société à côté, une chrétienté pure de toute influence extérieure. Non pas du tout.

Il nous invite à un discernement, à prendre de la distance, du recul. A ne pas nous laisser emprisonner par qui que ce soit. Car un goût exagéré du pouvoir et de l’argent enfume la réalité et brouille les prises de décision cohérentes.


          Nous sommes dans un monde marqué par la pandémie, la pauvreté est grandissante et nous n’avons pas tout vu : c’est une nécessité de ne pas baisser les bras, mais de les tendre à nos frères et sœurs. Si nous ne sommes pas « du monde », nous sommes bien « dans le monde » et tout ce qui s’y vit doit nous intéresser, nous concerner, nous interpeller même.

 

          Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est lui rendre ce qui lui appartient parce qu’il est amour : c’est donc valoriser l’autre et surtout le pauvre et la création tout entière.

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est définitivement le reconnaître dans notre quotidien comme compagnon de route.

Sur cette route avec lui, il nous montre nos frères et sœurs et dans leurs yeux il nous révèle le projet de Dieu pour notre humanité.

 

Amen

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A César... à Dieu... ©
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