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ND de la Bidassoa
Homélie du 21ème dimanche du temps ordinaire © ND de la Bidassoa

| LAVIGNE

Homélie du 21ème dimanche du temps ordinaire

21ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE C

 

          En pensant au G7 et à l’anti G7 j’imagine que les forces de l’ordre ont tout mis en œuvre pour filtrer les personnes : une telle peut passer ; telle autre doit s’arrêter devant cette barrière ; une autre encore, vaillant resquilleur, est stoppée dans son élan manu militari.

 

          Et Jésus vient de nous dire : « Efforcez-vous de passer par la porte étroite ».

 

          Cette porte étroite nous sommes invités à la passer à la suite de Jésus… il monte à Jérusalem, il va entrer dans cette ville, non pour en faire son fief avec ses amis, en excluant les autres (nous ne sommes pas à Biarritz)… Au contraire ! En entrant à Jérusalem, il sait qu’il devra ouvrir la porte de la mort, que son cœur sera ouvert par la lance, c’est pourquoi il parle de porte étroite.

 

          Sommes-nous prêts à le suivre jusque-là ?

 

          Rappelons-nous : il en avait ouvert des portes, le Christ, durant sa vie parmi nous il y a plus de 2000 ans : il a forcé la porte de la loi et l’a ouverte sur sa loi d’amour ; il a forcé la porte de la maladie et l’a ouverte sur la guérison physique et spirituelle ; il a forcé la porte de la haine et de la violence et l’a ouverte sur la non-violence et le pardon ; il a forcé la porte de l’exclusion et l’a ouverte sur l’accueil de tous ; il a forcé la porte d’une religion étroite et l’a ouverte sur l’universalité de l’Amour de Dieu.

         

          C’est pourquoi il avait dit : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé » 

 

          Être sauvé, accéder au salut… n’est-ce pas finalement à cela que nous aspirons alors même que nous butons sur la porte du doute, du découragement, du manque de confiance en nous et dans les autres, sur la porte de nos faux-plis et nos replis, bref sur la porte de notre péché ?

 

          Oui, nous aspirons à changer, à nous améliorer, à être purs et beaux. Il nous faut alors nous désencombrer car elle est étroite la porte du Seigneur. Si nous sommes trop enflés de nous-mêmes, nous ne passerons pas. Sauf si nous accueillons le Seigneur qui transformera nos vies de l’intérieur et nous fera passer toutes les portes, jusqu’à la porte du paradis… mais non sans passer d’abord comme lui par les épreuves et par la mort… avec cette espérance bienheureuse que de l’autre côté, c’est la vie nouvelle, éternelle, belle, la vie de ressuscité avec Jésus l’éternel vivant notre passeur de la mort à la vie…

 

          Cette porte est étroite mais elle est grande ouverte, c’est la porte de la foi !

 

          Beaucoup se presseront au portillon du ciel sans parvenir à passer, nous fait comprendre le Christ. Il y a donc urgence de vivre l’évangile chaque jour. L’éternité est déjà commencée pour chacun. Le temps du salut, c’est aujourd’hui. Être sauvé, c’est vivre l’évangile à chaque instant. C’est vivre en fils de Dieu, sauvé et aimé par lui. C’est accepter la fragilité, l’humilité, le service, et être disposé à se convertir sans cesse pour vivre à l’image de son Fils.

 

          Faisant suite à l’image de la porte étroite du présent, Jésus emploie l’image de la porte close, et se situe dans la perspective de la fin des temps.

          « Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : ´Seigneur, ouvre-nous´, il vous répondra : ´Je ne sais pas d’où vous êtes… Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal… quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, vous serez jetés dehors. »

 

          Cette parole sévère de Jésus rejoint celle qu’il formulait à un autre moment : « J’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire… »

Ce qui veut dire que nous serons jugés d’abord sur les actes accomplis durant notre vie. Et notamment sur nos omissions : nous aurions dû le faire et nous ne l’avons pas fait : nous avons clos nos portes à notre prochain et donc à Dieu lui-même.

Si nous avons prôné le mal, la haine ou l’oppression, alors nous nous entendrons dire : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Eloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice ». Vous n’êtes pas de mon monde !

Donc si nous avons pris prétexte de notre foi en Dieu pour nous évader de vos responsabilités terrestres, il nous révélera que nous nous sommes éloignés de lui, alors que nous pensions vivre en son intimité.

 

          Mais la porte étroite ou la porte close peut devenir avec le Christ et par le Christ la porte grande ouverte à un salut qui est participation au festin dans le Royaume de Dieu.

          « Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

 

          La volonté de Dieu est que tous soient sauvés. Le festin qu’il prépare dans son royaume est ouvert à tous les peuples : toute la terre est invitée et pas seulement le petit nombre des membres d’Israël, pas les seuls membres de son Eglise, pas seulement les parfaits.

 

 Jésus, ne veut pas que nous devenions sclérosés, légalistes, imperméables à l’Evangile auquel il nous faut nous convertir chaque jour de notre vie… et cela très humblement.

 

Ainsi nous saurons de mieux en mieux ouvrir large la porte de nos cœurs, de notre foi, de notre charité… à l’image du cœur ouvert du Christ !

 

                                                           Amen

         

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© ND de la Bidassoa

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