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La Paroisse
Homélie du 19ème dimanche du temps ordinaire
Homélie du 19ème dimanche du temps ordinaire

| Jean-Marc Lavigne

Homélie du 19ème dimanche du temps ordinaire

19ème Dimanche du temp ordinaire  A

 

          Nous venons d'entendre deux récits magnifiques : un récit de montagne, un récit de mer.

 

La montagne d'abord : 9 siècles avant Jésus-Christ, Elie, le prophète de l’époque arrive à l'Horeb, la haute montagne du Sinaï.

 

La mer ensuite. La petite mer de Galilée, mais une vraie mer avec ses dangers, ses vents, ses tempêtes. Les apôtres en ont fait l’expérience saisissante sur le bateau.

 

          Il m'a semblé que ces deux récits, la montagne et la mer, mettaient bien en relief les deux faces, les deux aspects de notre foi chrétienne.

 

          = La montagne d'abord. Elie est un homme pourchassé, traqué ; on veut le tuer ; il veut même mourir à l'entrée du désert.

Or c’est dans ce grand découragement que cet homme va voir Dieu. Non pas dans l’ouragan qui se déchaine, non plus dans le tremblement de terre, ni même dans le feu… mais dans le « murmure d’une brise légère ».

Dès qu'Elie l'entend, il se cache le visage avec son manteau, il sort et se tient debout à l'entrée de la grotte où il était caché. Le Seigneur passait.

 

          Dieu, on ne le voit pas. Quatre siècles plus tôt, sur cette même montagne, Moïse avait voulu voir Dieu.  

Personne ne met la main sur Dieu. Malheur aux propriétaires tranquilles de Dieu qui savent tout de lui. Et méfions-nous d’eux.

 

          = Après la montagne, la mer. Dans une barque de pêcheurs, quelques hommes se sont affrontés toute la nuit à une mer hostile.

          Aux premières lueurs de l'aube, un fantôme s'avance vers eux sur les flots. Pris de panique, ils crient. 

          C’était Jésus et non un fantôme.

 

Oui, c'est lui, celui sur qui ces hommes ont joué leur vie. Pour lui, quelques mois plus tôt, ils ont tout laissé. Ils ont reconnu sur le visage de cet homme la splendeur de Dieu, de Celui qu'on ne voit pas, la perle précieuse, le trésor. 

Ces hommes ont été entraînés dans une folle équipée qui va mal finir, la croix semble déjà pointer à l’horizon. Et ici, déjà, il vient de les lâcher ; Jésus les obligea à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Seuls, sans lui. Car, de surcroît, après que les foules se soient dispersées, Jésus gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Oui, les apôtres sont bien seuls dans leur barque et pour un bon moment ; toute la nuit ils batailleront sur la mer déchainée, transi de peur.

 

Puis le voilà qui revient. « Seigneur, si c'est bien toi, crie Pierre, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux »  « Viens ». Pierre marche, mais les vagues sont fortes, il a peur, il coule, il appelle au secours. Jésus est là, lui prend la main, et là aussi j'en suis sûr, avec un sourire, il lui dit : « Pourquoi as-tu eu peur ? »

 

          = Voilà la montagne et la mer. Personne ne voit Dieu, mais dans notre histoire, un visage d'homme, un regard et un sourire d'homme nous disent tout de Dieu. Il faut donc s'enraciner dans cette histoire, rejoindre, de « mains tendues » en mains tendues, la main même de Dieu fait homme.

 

Pour terminer, je voudrais souligner ceci : il y a quelque chose de commun entre ces deux récits, c'est l'angoisse et la peur de tous :

 

Elie a peur, il veut mourir car il sait qu’à ses trousses, le Roi Akab et sa femme la reine Jésabel veulent le tuer parce qu’il a dénoncé l’idolâtrie qui règne dans le pays.

 

Pierre a peur ; il perd cœur, il perd pied. La mer est rude pour lui, pour ses compagnons. Ils sont terrifiés, pris dans une dépression qui, bien sûr, « arrive par l'ouest. »

 

          Et nous ? Il y a des jours où on est plutôt en forme. On « surfe », « ça plane », « ça baigne » ; et puis le temps vient de la détresse, de l'angoisse. Il y a dans nos vies des temps et des zones de haute pression et des temps de basse pression, de dépression.

          L’Eglise de notre temps aussi a peur, même si nous savons et nous croyons que Jésus ressuscité est avec elle dans la barque, et lui redonne confiance. 

Les tempêtes ne manquent pas, tant l'Église est  secouée dans toutes les directions, à l'intérieur comme à l'extérieur : pédophilies, scandales financiers, et diminution dramatique d'engagements sacerdotal et laïque.

 

Les tempêtes ne manquent pas non plus dans nos vies d'individus, de couples, de familles, dans notre société qui précarise encore davantage des petits et es pauvres… les récentes lois en matière de bioéthique sont troublantes aussi ; il faudra éduquer nos jeunes au sens « de la famille et de la vie » dans ce contexte beaucoup plus complexe et qu’autrefois. Certains diront que c’est un progrès, d’autres diront que c’est une décadence. Le discernement sera très important ainsi que le respect des décisions prises en dernier ressort par les individus qu’il faudra accompagner avec sollicitude…

 

C'est alors le moment d’entendre la parole que Jésus adresse à ses disciples : confiance ! C'est moi ; n'ayez pas peur !  Une main nous est tendue. C’est celle de Jésus ressuscité.

 

          Ce n'est pas parce que la marée est basse qu'il y a moins d'eau dans la mer. Ce n'est pas parce que la lune, un moment, éclipse le soleil, que le soleil ne brille plus.

 

          Dieu est Dieu ; il n'en finit pas de donner sa Parole, de partager son Souffle, de donner la main.

                                                                     Amen

 

 

 

 

 

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