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La Paroisse
Homélie du 17ème dimanche du temps ordinaire par l'abbé Rémi DELPRAT, diacre du diocèse de La Rochelle
Homélie du 17ème dimanche du temps ordinaire par l'abbé Rémi DELPRAT, diacre du diocèse de La Rochelle

| ND de la Bidassoa 1323 mots

Homélie du 17ème dimanche du temps ordinaire par l'abbé Rémi DELPRAT, diacre du diocèse de La Rochelle

Homélie

17ème dimanche du Temps Ordinaire

Hendaye

 

 

Nous connaissons bien ce texte de la multiplication des pains chers frères et sœurs. Les foules accourent à Jésus pour entendre la puissance de sa prédication, tous ont soif d’entendre la bonne nouvelle de l’Evangile, pas seulement pour l’écouter comme on venait écouter des discours de rhétorique dans la Grèce antique, mais car c’est une parole de vie qui vient rejoindre chacun dans son existence. Quand nous disons : « Dieu s’est fait Verbe », nous disons ni plus ni moins que Dieu s’est fait Parole.

La Parole pour nous les hommes c’est plus qu’un simple moyen de communication, c’est ce qui nous donne notre dignité et qui nous met au-dessus du règne animal. La Parole est divine puisque c’est au moyen de la Parole que Dieu a créé l’Homme : « faisons l’Homme à notre image et à notre ressemblance » ; et ce que Dieu dit voilà ce qui est ! C’est cela l’Evangile : la parole de Dieu, une parole non pas simplement annoncée mais une parole vécue en acte dans la personne de Jésus. Jésus dit ce qu’il fait et il fait ce qu’il dit.

En Israël, on reconnaissait un prophète à l’autorité de sa parole mais aussi suivant les actes qu’il posait en conformité avec cette parole. Car Dieu vient marquer l’histoire des hommes par les miracles qu’il opère. Il connaît notre lenteur à croire, à voir les réalités spirituelles qui se lisent dans le temps long ; alors Dieu agit puissamment ; pour corroborer la prédication de Jésus en manifestant ce surcroît de l’amour de Dieu par la multiplication des 5 pains et des 2 poissons.

Alors les foules reconnaissent Jésus : elles dressent le parallèle entre la puissance de l’Evangile qu’il annonce et ce repas miraculeux qui vient attester que réellement Jésus est le fils de Dieu : Jean nous rapporte d’ailleurs à ce sujet : « A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : c’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde ».

Ces foules, qui sont ni plus ni moins nos aînés dans la Foi, ces foules nous donnent de voir le peuple de Dieu, un peuple affamé d’entendre la voix de son Dieu, un peuple qui veut se laisser transformer par lui et qui réalise la grandeur de l’œuvre à laquelle il est appelé  dans le nom du Christ. Nous-même ici présents, réalisons-nous que ces foules que le Christ est venu nourrir en Galilée, c’est nous-même aujourd’hui que le Christ vient rejoindre dans son eucharistie pour nous abreuver de sa parole et nous donner à manger le pain de vie : son corps, son sang.

Ce que nous commémorons chaque dimanche dans la messe est plus qu’un simple mémorial, c’est la présence du Christ rendu présent ici et maintenant qui nous procure les effets de sa grâce, la même grâce que celle dont il a gratifié les foules de Palestine. Jésus est le même hier et aujourd’hui, il n’a pas donné davantage hier qu’il ne nous donne à nous aujourd’hui. Quand le peuple de Dieu se rassemble sous son nom, Dieu n’est jamais indifférent et il agit puissamment pour chacun de ses enfants en donnant à chacun selon ce qu’il convient pour sa croissance.

Sommes-nous conscient de ce à quoi Dieu nous appelle, lui qui a donné sa vie pour nous ? Peut-être sommes-nous habitués à cela : « le Christ est mort pour sauver l’humanité » mais cette humanité est bien vaste et elle me dépasse dans le fond. Mais non, c’est pour chacun d’entre nous que Jésus est venu sur cette terre et qu’il a été mis à mort par les chefs des prêtres.

Alors Seigneur quand je viens chaque dimanche à la messe, que ce ne soit pas simplement par habitude mais pour te remercier de m’avoir sauvé et de me rejoindre dans mon histoire personnelle par ton eucharistie car je sais qu’en moi tu fais toute chose nouvelle par la puissance de ta grâce, même si je doute, même si je me sens indigne de ton amour par mon péché.

Quand Dieu donne frères et sœurs, c’est avec surcroît qu’il le fait. Dieu ne retient pas, il ne négocie pas sa grâce avec nous, il nous la donne en surabondance mais bien souvent c’est nous qui passons à côté des cadeaux que Dieu nous offre, par indifférence, par paresse parfois ; mais Dieu jamais ne se lasse de tendre les mains vers nous qui sommes ses enfants. Comme un enfant qui apprend à marcher et tombe encore et encore avant de trouver l’équilibre, ainsi Dieu nous rattrape et nous relève inlassablement car il nous aime d’un amour qui est au-delà de l’amour humain, un amour parfait, sans limite, sans réserve, sans calcul.

Celle en qui nous voyons la réalisation de cet abandon total à Dieu c’est Marie, Marie que Luther lui-même désignait comme « modèle des croyants » dans son commentaire du Magnificat. Comme chacun de nous Marie a avancé dans la foi : lorsqu’elle voit son fils injustement condamné et conduit à la croix, Marie est dans la Foi, elle n’est pas dans la vision ; autrement dit elle est comme nous lorsque nous sommes dans la nuit spirituelle sans comprendre pour Dieu permet ceci ou agit comme cela.

Et pourtant Marie, demeure au pied de la croix, au pied de son fils, au pied de son Dieu, sans comprendre pourquoi il faut en passer par là mais elle ne désespère pas, elle est debout sous le regard de Dieu même si sur elle la lumière s’est éteinte pour quelque temps avant de reparaître plus forte qu’auparavant au matin de Pâque. Marie est ce modèle d’humilité qui nous désigne son fils, le rôle de Marie tout au long des évangiles, c’est de nous montrer son fils Jésus, elle s’efface devant lui, elle est le chemin qui nous mène à lui.

Depuis un an et demi avec la pandémie, nous apprenons à être plus humbles sur nos propres forces à changer l’avenir, à nous dépasser, à dominer notre futur.

L’ouverture des jeux olympiques de Tokyo vendredi dernier nous prouve que l’Homme ne peut tout diriger à sa guise. La plus grande ville du monde, habituellement si bouillonnante d’énergie et de créativité nous donne une image terne, tout en retenue, bien loin de la fête annoncée qu’allait être cet événement censé marquer la renaissance du Japon après le séisme de Fukushima et l’accident nucléaire qui suivi il y a de cela 10 ans désormais.

Bien sûr si la période de trouble que nous traversons peut légitimement nous affecter, n’allons cependant pas désespérer de l’avenir. Le désespoir est l’une des armes de Satan pour nous paralyser et empêcher notre marche vers Dieu. La confiance, elle, est un don de Dieu ; comme le disait le Padre Pio : « les réalités terrestres sont passagères, les réalités spirituelles sont éternelles » : ayons donc à cœur de cultiver la vie en Dieu qui ne craint pas la corruption du temps, ni celle des modes.

A la fin de l’évangile que nous avons entendu, il y avait cette phrase très riche de sens, je cite : « Mais Jésus savait qu’ils allaient l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul ». L’évangéliste Jean nous dit que le Royaume de Dieu n’est pas une affaire politique, c’est un royaume spirituel guidé par l’Esprit Saint qui se déploie progressivement dans l’histoire des hommes et de l’Eglise ; mais ce royaume n’est pas un royaume visible même si nous en percevons parfois les signes dans nos communautés, des adultes qui demandent le baptême parce qu’ils ont cheminé sur le chemin de la Foi, cela c’est le royaume de Dieu ; des jeunes qui demandent la première communion, cela c’est le royaume de Dieu, discret, sans veine gloire.

Alors comme les foules de Galilée venues écouter Jésus, demandons-lui de manifester aujourd’hui encore sa présence parmi nous, une présence d’amour et de paix qui nous aide à grandir dans notre vocation à tous : la sainteté. Amen.       

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