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La Paroisse
Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire
Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire

| Jean-Marc Lavigne 785 mots

Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire

 SEIZIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE   B

 

Rappelez-vous : la semaine dernière nous entendions Jésus envoyer ses disciples en mission, les invitant à prêcher et à guérir les gens.

 

Être envoyé en mission, c’est être appelé à donner. A donner autant spirituellement que physiquement. C’est être « un berger », comme nous le rappelle la première lecture de Jérémie et le psaume 22, mais aussi l’évangile. C’est être des bons bergers à l’image de Dieu.

 

Mais que signifie être un « berger » ? Comment peut-on donner ?

 

Les apôtres qui avaient été envoyés en mission se regroupent autour de Jésus. Que fait-il alors ? Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » 

 

C’est ainsi qu’ils vont s’isoler pour se retrouver entre eux. Pourquoi ? Parce qu’on ne peut se donner que si on a d’abord pris le temps de se trouver soi-même.

 

La traversée en barque des apôtres pour un endroit désert nous renvoie à notre propre cheminement intérieur, à ce long voyage où nous avons à entrer en nous-mêmes, à la découverte du « fond » de notre être, comme disait Maître Eckhart (XIVe siècle). Aller la découverte du fond de nous-même.

 

Ce voyage intérieur, nous ne pouvons l’entreprendre sans nous « reposer », c’est-à-dire sans prendre distance par rapport à ce monde qui nous assaille, qui nous dit : « Va d’un côté, va de l’autre ! »

 

Ce long voyage vers soi-même est essentiel, car on ne peut donner ce qu’on n’a pas, on ne peut montrer Dieu si on n’a pas pris le temps de le rencontrer dans l’adoration et le silence ; si on n’a pas plongé au fond de soi-même, au bout de son « cœur » au sens biblique, dans ce sanctuaire où réside la Trinité.

 

Si on n’accepte pas ce voyage, on ne fera que répéter des propos moralisateurs ou des slogans à la mode. On culpabilisera, on infantilisera ou on manipulera les autres. On ne sera pas signe d’un Dieu libérateur.

 

Une écrivaine nord-américaine raconte cette anecdote : « L'été dernier, après avoir travaillé sur la composition de quelques chansons, je déposai ma harpe devant la fenêtre ouverte de mon bureau. Tout à coup, dans le silence, j'entendis le son lointain, mais gracieux, d'une mélodieuse musique. Le phénomène ne dura que quelques instants et me laissa médusée. Quand le même prodige reprit un peu plus tard, je compris que la musique venait de mon instrument et était causée par la légère brise qui entrait par la fenêtre ouverte et faisait vibrer les cordes de la harpe. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous accorder quelques moments de détente et de calme pour nous reposer et permettre à l'Esprit Saint, le souffle de Dieu, de jouer en nous de sa douce musique comme sur la harpe laissée dans le courant de la brise légère ? Cette discrète musique ne peut être entendue que dans la paix et le calme, ne l'oublions pas. » 

 

Et, qu’arrive-t-il dans ce lieu désert où Jésus a conduit ses apôtres ? Ils retrouvent la foule.

 

Nous aussi, quand nous prenons la route de notre être profond et sommes allés à la rencontre avec Dieu qui y demeure, nous devenons capables de rencontrer les autres en profondeur, en empathie. Je suis capable de les voir et de comprendre ce qu’ils vivent : « Jésus vit une foule immense et fut pris de compassion. »

 

Quand nous avons trouvé la paix intérieure, nous pouvons la communiquer aux autres puisque nous avons pris le temps de nous accorder à Jésus qui « est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches » dit Saint-Paul aux Ephésiens – deuxième lecture.

 

Nous pourrons devenir ces bergers dont parle le prophète dans la première lecture : « Je susciterai des pasteurs qui conduiront les brebis de mon pâturage ; elles ne seront plus apeurées ni effrayées, et aucune ne sera perdue, oracle du Seigneur. » 

 

Nous serons les reflets de Jésus qui, en bon berger, « se mit à les instruire longuement. »

 

Cette image du berger qui prend soin de ses contemporains n’est pas l’apanage des évêques, des prêtres et des diacres.

 

C’est ensemble à travers les multiples appels du Seigneur que nous devons allez et à l’écart pour mieux marcher et sur les sentiers de la rencontre et du témoignage où nous sommes attendus.

 

Alors prenons d’abord le temps du ressourcement, ne négligeons pas le repos des vacances, une mini-retraite de 3 ou 4 jours dans un monastère, une lecture nourrissante, une prière nouvelle qui prend le temps.

 

Nous saurons alors inventer des matins d’évangile avec ceux et celles vers lesquels le Seigneur nous envoie parce qu’il les aime.

 

                                                                       Amen.

 

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