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La Paroisse
Homélie de la Fête de PENTECÔTE
Homélie de la Fête de PENTECÔTE

| Jean-Marc Lavigne 772 mots

Homélie de la Fête de PENTECÔTE

PENTECOTE 2021   Année B

 

          Pentecôte, fête de l'Esprit ! Fête de l’Esprit Saint.

Il n'y a rien de plus universel, et en même temps de plus méconnu que l'Esprit de Dieu, dont nous fêtons aujourd'hui la venue sur la jeune Église, au jour de la Pentecôte.

Rien de plus universel : car c'est l'Esprit qui fait vivre, qui nous fait vivre. Le mot hébreu signifie "respiration", "souffle", et vous vous rappelez certainement le chapitre 2 de la Genèse, où il est raconté que Dieu, après avoir façonné un homme avec de la glaise, a soufflé dans ses narines un souffle de vie.

Dieu est à l'origine de toute vie : c'est ce qu'exprimait le psaume que nous chantons aujourd'hui : « Tu reprends ton souffle, ils expirent et retournent à la poussière. Tu envoies ton souffle, ils sont créés. » 

 

Dans toute la pensée biblique, nous sommes vivants grâce à cet Esprit, au souffle de Dieu : il nous donne sa vie.

 

Et pourtant, l'Esprit Saint reste pour beaucoup le grand inconnu. Qui donc est cet Esprit ?

Il est facteur d'unité. On sait bien que ce n'est pas dans les divisions, les guerres, les querelles, que pourra se faire la réussite de notre monde. En chaque homme, il y a ce désir de paix dans l'unité. Mais pas l’uniformité comme dans les dictatures.

 

          Cela me rappelle l'histoire de la tour de Babel. C'est l'anti-Pentecôte. Que raconte-t-elle ? Elle raconte que les hommes, commençant à devenir nombreux sur la terre et ayant peur de se disperser, ont décidé de bâtir une tour, une citadelle "qui atteindrait le ciel". Et la Bible raconte que Dieu, ayant regardé ce qu'ils étaient en train de faire, avait dit : "Mon projet est différent." Et il a détruit la tour de Babel, pour que les hommes se dispersent à la surface de la terre.

Ils avaient le même langage, les mêmes paroles, ils avaient peur de la différence. Alors, Dieu les a dispersés. Leur mission était ailleurs : « remplissez la terre ! » 

C'est cela, le mythe de la tour de Babel : il illustre tout ce qu'a connu notre siècle dans sa recherche d'unité dans l’uniformité.

 

Au contraire l'Esprit Saint "qui souffle où il veut" est Esprit d'ouverture. Il n'acceptera jamais d'être enfermé dans l'enceinte d'un groupe humain, fût-ce dans l'enceinte vénérable des Églises. Il souffle où il veut. On ne sait ni d'où il vient, ni où il va. En cela, il est imprévisible. Il est comme le vent.

 

Le récit de la première Pentecôte chrétienne se trouve au Livre des Actes. Nous l’avons écouté tout à l’heure. Que s'est-il passé ? Les apôtres étaient là enfermés dans l'enceinte du Cénacle.  

Le mot "enceinte" a deux significations : il désigne la femme qui attend un enfant, et aussi les murailles d'une ville, et d'une manière plus générale, tout ce qui enferme.

 

L'Esprit de Dieu refuse toutes les enceintes. Comme il a provoqué violemment l'accouchement d'une humanité diversifiée en détruisant la tour de Babel, de même, à la Pentecôte, on a l'impression que tous les murs disparaissent d'un seul coup pour permettre l'accouchement d'une humanité nouvelle où tous pourront s'entendre, malgré les différences de races, de langues, de nationalités, d'ethnies.

 

Les Apôtres étaient enfermés dans leurs peurs, ils réalisent tout à coup, sous l'action de l'Esprit Saint, que leur mission est pour le monde, pour « toutes les nations sous le ciel ». Et dès ce jour de la Pentecôte, ils vont communiquer.

Il n'y aura pas une seule et même langue : chacun garde ses particularismes, mais tout le monde entend la Bonne Nouvelle : « tous, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

 

Voilà l’Eglise que Dieu aime, l’Eglise que féconde l’Esprit Saint.

 

          Voici le rêve de François pour l’Eglise. Je le cite :

 

"Imaginez une pièce fermée pendant un an, elle va sentir l'humidité et la pourriture. L'Eglise ne doit pas être une pièce fermée, elle doit sortir d'elle-même, ouvrir ses portes et aller à la rencontre des autres, parce que la foi est une rencontre avec Jésus."

          « Je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie sur les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de son enfermement et qui s’accroche confortablement à ses propres sécurités. »

          « Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer, alors que dehors il y a une multitude affamée et Jésus nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-même à manger. » Fin de citation

 

          Alors mes amis, mes frères et mes sœurs : « Laissons l’Esprit nous travailler. »

 

                                                           Amen

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Un brin d'humour... ©
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