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Histoires de Locomotives
Histoires de Locomotives

| Jacques EGUIMENDYA

Histoires de Locomotives

" Dès leur apparition, les locomotives ont des effets singuliers les plus divers. Pour les uns elles sont l’instrument du diable...."

Dès leur apparition, les locomotives ont des effets singuliers les plus divers. Pour les uns elles sont l’instrument du diable. Pour certaines grands-mères de Navarre, elles sont un moyen de faire peur aux enfants avec la légende du « sacamantecas ». Pour Pierre Loti, un élément salissant les paysages lors de leurs courses folles.

 

Pourtant, elles sont un élément clé de notre monde moderne. Ces locomotives permettent l’ampliation de réseaux. En ce début d’industrialisation, grâce à elles, la circulation des produits se développe, créant de nouvelles richesses. Les citoyens explorent de nouvelles contrées. La circulation des informations, des idées s’accélère.

 

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Hendaye, malgré les réticences des Ingénieurs des Ponts et chaussée de cette seconde moitié de 19ème siècle, favorables au passage par les Aldudes de la ligne de chemin de fer Paris-Madrid, quand même accueille les locomotives. Elles tractent, épisodiquement, les trains à partir de 1863, puis régulièrement quelques mois après lorsque le pont international est mis en service. Dès lors, c’est le branchement avec les principales capitales Européennes. La possibilité d’imposer ses prétentions à devenir une station balnéaire.

 

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Dans ce contexte, la vie de coursier ou de bête de somme des locomotives n’est pas de tout repos. Impitoyables pour les personnes se trouvant sur leur chemin, notamment sur le pont international avant la construction du « Puente Avenida », elles n’ont pas l’occasion de s’éterniser, sous pression, au dépôt en forme de rotonde où sous les verrières de la gare internationale après une entrée remarquée dans un nuage de fumée au son des sifflets stridents. Les courses, de nuit ou de jour, sur les voies du Sud-Ouest, les exposent à bien de faits divers.

 

Ainsi le 28 août 1887, une locomotive tractant le train de marchandise partant de Hendaye à 4h du matin rencontre un bœuf entre Urrugne et Saint-Jean-de-Luz. Ce dernier y laisse la vie, mais non sans faire dérailler le convoi.

 

Le 17 mai 1911, la locomotive du train omnibus venant d’Irun, après avoir laissé ses wagons part rejoindre le dépôt. Malheureusement une de ses congénères, sans doute en conflit avec elle, décide de régler le différent sur la voie. Elle la tamponne et la jette hors de la voie. Non contente de cet exploit, après avoir désarçonnée mécanicien et chauffeur, elle entre à toute vitesse en gare, tamponne violemment les pauvres wagons délaissés par la première locomotive. Heureusement seulement deux personnes sont présentes et en sortent indemne.

 

Dès le 1er novembre 1926, les locomotives comprennent que leur avenir est sérieusement compromis et qu’il ne leur reste plus qu’à souhaiter qu’un groupe de bénévole en prenne soin pour présenter leur importance aux générations futures. En effet, progressivement, elles deviennent secondaires sur la section Bayonne-Hendaye. Tantôt, les trains sont remorqués par une motrice et une locomotive de secours. Souvent la motrice est seule à la tâche. Et quand elles s’aperçoivent que les trains électriques franchissent allègrement les rampes de Bidart, Guéthary et Hendaye où, elles-mêmes s’époumonent, elles se rendent à l’évidence. L’avenir est plus sombre que leur panache de fumée.

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Gare rotonde A 1966.jpg ©
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Pour le grand malheur des locomotives et surement de leurs mécaniciens et chauffeurs, mais pour le plus grand bien de l’économie régionale, la Compagnie des chemins de fer du midi, sous l’impulsion des frères Pereyre, fait le pari de la traction électrique dans le cadre d’un plan industriel novateur. La motrice, est l’élément final d’une filière qui doit révolutionner le Sud-Ouest. La montagne y gagnera avec ses chutes d’eau domestiquées et ses usines hydroélectriques. Les vallées se consacreront à la fabrication des turbines et des motrices. Le Sud-Ouest dans son entier sera irrigué par un réseau de chemin de fer efficace transportant les produits locaux. Un saut technologique dont les effets positifs dépassent largement les effets négatifs. 

 

Jacques Eguimendya

Président Passion Txingudi


Sources : Irribarren - Retablo de los sacamantecas – 3ème ed – Pamplona -Gomez 1958

Miguel Rodriguez – Sacamantecas y otros relatos, vasas de terror

La Côte Basque du 28 mars, 2 mai, 14 novembre 1926

Eskualduna 3 septembre 1887, 19 mai 1911

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