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Besoin de changer d'air ?... Voyage aux Amériques avec Manex - Amérique du Nord et Centrale
Besoin de changer d'air ?... Voyage aux Amériques avec Manex - Amérique du Nord et Centrale

| Manex Barace 4258 mots

Besoin de changer d'air ?... Voyage aux Amériques avec Manex - Amérique du Nord et Centrale

" Notre périple durera plusieurs mois pour traverser le continent américain du nord au sud. Voyages fractionnés réalisés « en solo et sac à dos » à partir des années 1970."

D'abord finissons la visite au Mexique !

Mexique : une autre Amérique du Nord (2)

 

Plusieurs jours sont nécessaires pour s’imprégner et découvrir la capitale fédérale du Mexique. Mais il y a tellement de sites à arpenter ! Au nord de Mexico, la route ou ce qui en tient lieu parfois, mène aux sites de Tula et Teotihuacán.  

 

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Tula

Tula est la cité des Toltèques, site majestueux situé sur une colline qui surplombe une petite rivière, au milieu d’un plateau désertique. A pied il est possible d’y accéder par un pont fait de lianes jeté au-dessus de l’eau. Le temple le plus célèbre est dit « des Atlantes ». L’impression de calme, si près et si loin du tumulte de la capitale fédérale en fait une halte agréable sur la route de Teotihuacán.

 

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 Teotihuacán

Teotihuacán, dit la légende, est le berceau des dieux. Déjà ruinée lorsque les Aztèques sont arrivés. Autre site impressionnant également planté en plein désert, sur fond de montagnes pelées. La plus grande pyramide, dite Pyramide du Soleil, est la construction la plus imposante : près d’un million de mètres cubes de matériaux, 75 mètres de hauteur, une base de 225 mètres sur 220. Son volume n’a rien à envier à la pyramide de Chéops en Egypte.

La Pyramide de la Lune, de dimensions plus modestes, est située à l’extrémité nord de la chaussée dite des Morts, qui la relie à une citadelle. L’ensemble du site est orienté en harmonie avec le mouvement solaire. Autre monument intéressant, le temple de Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, décoré de fresques.

Vous aurez remarqué que beaucoup de mots se terminent par OATL ou ETL ? Il s’agit en général de mots de langue Nahuatl. A ce propos le mot chocolat est la transcription du mot Xocolatl.

 

Le Mexique est un pays immense. Nous n’en évoquerons pas le nord, que je ne connais pas et redescendrons vers le sud-ouest, vers Acapulco, sur le Pacifique.

 

Acapulco

Il est dans de nombreux coins de la planète des lieux privilégiés, par leur beauté, par leur climat. Acapulco a la chance de posséder les deux attraits. Le Mexique possède 9.903 kilomètres de rivages (j’aime bien cette précision !). La baie d’Acapulco en occupe une dizaine seulement, principalement par des plages de rêve, fréquentées par des touristes venus du monde entier. A l’époque coloniale c’était déjà le plus grand port du Pacifique de la Nouvelle-Espagne. C’est dire que sa renommée ne date pas d’aujourd’hui. La beauté sauvage originelle des petites criques surplombées de hautes falaises plantées de cocotiers et de villas de rêve a été respectée en général. La nature, sauf en bordure des plages, est exubérante ; les jardins tropicaux se succèdent les uns aux autres. Le jour, les sports nautiques, pêche et parachutisme ascensionnel sont les rois ; la nuit, c’est dans les jardins des grands hôtels illuminés ou pour assister aux plongeons vertigineux à la falaise de la Quebrada que vit Acapulco. L’Acapulco des dollars américains de préférence. Chaque soir, pour quelques billets verts, des jeunes risquent leur vie en plongeant dans l’eau, au ras des rochers. Un fantastique saut de 35 mètres de hauteur depuis la falaise.

Acapulco est le symbole de la fête, du soleil, des vacances. Il existe pourtant une autre ville, celle des mexicains qui vivotent à flanc de montagne, à quelques centaines de mètres seulement du luxe et des lumières. Deux mondes qui ne se rencontrent pas.

 

Presque à mi-chemin entre Acapulco et Mexico, deux villes méritent un arrêt, Cuernavaca et Taxco.

 

Cuernavaca et Taxco

Cuernavaca est essentiellement connue pour ses jardins, ses fleurs et le palais de Cortez. Aux environs se trouve la pyramide aztèque de Teopanzelco.

Pour les amateurs d’art religieux, Taxco possède de fort belles églises. Pour les amateurs de souvenirs, c’est également la ville de l’argent. Les orfèvres proposent de fort beaux bijoux en or et surtout en argent.

 

Je ne connais hélas ni Patzcoaro et son lac, ni les villes coloniales de Morelia ou Guanajuato, ni Guadalajara, deuxième ville du pays, ni Puerto Vallarta, en passe de supplanter Acapulco. La suite de notre voyage nous entraine vers l’est, le territoire des Mayas. Avant d’atteindre les Chiapas et leur jungle, puis le Yucatan et ses plateaux calcaires, notre prochain arrêt est Oaxaca, proche des centres religieux de Monte Alban et Mitla.

 

Oaxaca, Monte Alban, Mitla

Oaxaca, petite ville de province, est surtout un point de départ tout indiqué pour aller à la rencontre des Zapotèques et des Mixtèques. La cathédrale prend la couleur de l’or au crépuscule, éclairée par les rayons du soleil couchant. La décoration de l’intérieur du temple vaut l’extérieur, avec son chœur recouvert de feuilles d’or. Lui faisant face, un petit jardin public et ses cireurs de chaussures, ainsi que le musée où ont été rassemblées les trouvailles des tombes de Monte Alban et Mitla.

Monte Alban, ville sacrée des Zapotèques, est édifiée sur le sommet d’une montagne arrasée pour l’occasion, à 2000 mètres d’altitude. Centre cérémonial et religieux, ville sacrée, observatoire astronomique, Monte Alban est tout cela à la fois, dans le silence et la solitude de la montagne, à quelque 10 kilomètres d’Oaxaca.

Mitla –Mictlan (« le lieu des morts » chez les Aztèques) est à la fois une cité fantôme et un ensemble de sépultures à demi-souterraines. Ici pas de pyramide : une sorte de couvent désaffecté avec une vaste cour intérieure ouverte sur les entrées des tombes. A l’extérieur, une église de briques rouges à coupoles où se mêlent rites chrétiens et païens. J’y ai vu des Indiens offrir de l’encens (ou du copal ?) et des oranges à même le sol. A quel(s) Dieu(x) adressaient-ils leurs psalmodies ? Non loin de Mitla se dresse El árbol de Thulé, arbre gigantesque et millénaire, objet de la vénération des Indiens et des photos des touristes.

 

Villahermosa

Poursuivant notre voyage vers l’est, nous quittons les hauts-plateaux et descendons dans les plaines humides des Chiapas. Pour atteindre Palenque, haut-lieu de la culture Maya, la route passe par l’isthme de Tehuantepec, la partie la plus étroite du Mexique, et remonte ensuite en direction de Villahermosa. Ne jamais essayer de prendre des photos d’Indiens sans leur consentement ! Lors d’un arrêt de l’autocar à bord duquel j’étais le seul Gringo, au marché traditionnel de Tehuantepec (?) de belles scènes à « immortaliser » …  Des injonctions (?), des cris poussés en langue indigène, et moi qui continue à flasher, imperturbable… Ce qui attire une bonne dizaine de de personnes furieuses, machette à la main, qui me coursent jusqu’à l’autocar qui n’attendait que mon retour pour démarrer, dans lequel je monte sans demander mon reste…

A mon humble avis Villahermosa ne mérite pas cette appellation de « belle ville », ce serait plutôt le paradis des moustiques… A voir en dehors de la ville le Parc archéologique de la Venta, où sont rassemblés les vestiges Olmèques, principalement des énormes têtes négroïdes de plusieurs tonnes. Ces vestiges ont été trouvés dans les lagunes du Golfe du Mexique lors de recherches pétrolières. Villahermosa reste le point de départ idéal pour rejoindre Palenque.

 

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Palenque

A une centaine de kilomètres de la côte, cachées dans la jungle de l’état de Chiapas, se trouvent les ruines de Palenque, découvertes au milieu de la végétation en 1949. L’archéologue Alberto Ruiz découvrit une crypte dans le sous-sol d’une pyramide maya, connue comme la Pyramide des Inscriptions, à ce jour la seule dans le continent américain pour avoir abrité avec certitude une tombe. Dans ce tombeau a été retrouvé le squelette d’un haut-personnage de l’époque maya, recouvert de bijoux de jade. Cette pyramide est haute de 21 mètres. Pour accéder à la crypte il faut tout d’abord monter au sommet et ensuite descendre à l’intérieur dans la moite chaleur tropicale. Comme toutes les villes mayas de la même époque, Palenque a été oubliée, envahie par la végétation, et redécouverte par hasard. Outre cet édifice, le plus connu, Palenque possède un « palais », ensemble architectural important recouvert de stèles sculptées. Les plus belles stèles de l’art maya se trouvent non pas à Palenque, mais à Copán, situé de nos jours au Honduras. Lorsque les finances le permettent, les recherches se poursuivent dans la forêt. Nul doute que des richesses archéologiques sont encore à découvrir.

Palenque, l'énigmatique stèle funéraire à l'intérieur de la Pyramide des Inscriptions.jpg
Palenque, l'énigmatique stèle funéraire à l'intérieur de la Pyramide des Inscriptions.jpg ©
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Prochaine étape au Yucatan, différent du reste du Mexique de par la géographie (une grande avancée dans la Mer Caraïbe) et la géologie (plateau calcaire plutôt désertique). La capitale de l’état est Mérida, jolie cité coloniale où les gens semblent vivre sans se presser le moins du monde (sauf au volant). Une promenade en calèche est un bon moyen pour découvrir les rues de la ville, coupées à angle droit. C’est de Mérida que l’on peut se rendre le plus facilement à Uxmal, Chichén Itzá à l’intérieur de la péninsule et sur la côte à Tulum et Cancun.

 

Uxmal, Kabah

Uxmal et Kabah sont les villes des ciseleurs de pierres. L’architecture est caractérisée par une ornementation très riche de la partie supérieure des façades, la partie inférieure étant constituée de simples pierres polies. Les monuments les plus caractéristiques d’Uxmal sont connus sous les noms de Palais des Gouverneurs, Quadrilatère des Nonnes, Pyramide du Devin, ainsi donnés par les conquistadores espagnols. Ce palais bien que ruiné est effectivement immense, ce quadrilatère pouvait faire penser à un couvent. De la pyramide, disons simplement qu’elle est majestueuse. Et abrupte !

 

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Chichén Itzá

Les villes, comme les femmes - dit-on – peuvent être séductrices. Et Chichén Itzá captive tous ceux qui la visitent. Le charme de cet ensemble de 300 hectares de superficie est un harmonieux mélange de styles maya et toltèque, ces derniers ayant achevé et embelli les œuvres des premiers. Les monuments les plus remarquables sont le Temple des Guerriers (appelé aussi des 1000 colonnes), la grande pyramide El Castillo, que l’on ne peut pas ne pas voir, trônant au centre du site, l’observatoire du Caracol (l’escargot), le jeu de pelote et le Cenote, puit des sacrifices.

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Outre les nombreuses colonnes qui l’entourent, le temple des Guerriers possède un bel exemple de « Chacmol » pierre destinée aux sacrifices. Ce temple d’architecture maya-toltèque ressemble par son aspect général aux temples de Tula. El Castillo est une pyramide quasi parfaite dont chaque face comporte 91 marches. Quatre côtés de 91 marches plus une plateforme = 365, comme les jours d’une année. Autre particularité de l’édifice, il recouvre une pyramide plus petite, de forme identique. Un escalier intérieur permet d’accéder à une salle centrale dans laquelle a été découverte une statue de bois peint, représentant un jaguar rouge aux yeux de jade…  Le Caracol, nom donné en raison de sa forme particulière faisant penser à une coquille d’escargot était sans doute un observatoire parfait. Il est sans contexte l’observatoire maya le plus photographié. Le jeu de pelote, avec ses deux frontons parallèles est le mieux conservé parmi ses semblables dans toute l’Amérique précolombienne. Le plus imposant aussi. Tous ces monuments sont décorés des fresques en haut-relief que le temps a malheureusement beaucoup abimé. Le Cenote, ou puit aux sacrifices, est le plus grand et le plus profond du Yucatan. Ces structures sont nées d’effondrements de couches calcaires. De nombreux objets en or ont été retirés, de même que des dizaines de squelettes de personnes sacrifiées…

 

Tulum

Tulum était un port maya. Ce fut la première cité que vit Cortez lorsqu’il aborda le Yucatan. Le site n’est pas très grand, comparé à Chichén Itzá. Vu sa situation en surplomb des eaux vertes et bleues de la Riviera Maya, il fait beaucoup d’effet aux touristes séjournant non loin à Cancun ou Isla Mujeres, endroits paradisiaques – parait-il, car je ne connais pas – pour vacanciers aisés.

 

Ce (trop) court voyage nous a permis de parcourir quelques-uns des nombreux lieux de visites archéologiques, de détente, du troisième pays d’Amérique du Nord, sans doute celui qui a le plus de problèmes : démographique, industriel, financier entre autres. Pays producteur de pétrole mais certaines richesses naturelles peuvent se déprécier rapidement. Ce voyage était surtout axé sur le Mexique précolombien et n’a fait qu’effleurer le Mexique colonial, dont l’aire géographique est située plus au nord-ouest de notre itinéraire.

 

La suite de notre voyage nous conduit du Guatemala au Venezuela, en passant rapidement par le Honduras et Panama. Courte traversée de l’Amérique Centrale. 

Avec le recul du temps, en relisant mes notes de voyages, je me demande de tous les pays déjà évoqués dans ces lignes ou de ceux qui nous restent à découvrir, lequel m’a laissé les meilleurs souvenirs et procuré les plus grandes émotions, voire peurs ?

 

De l’Amérique Centrale à l’Amérique du Sud 

Guatemala, pays de contrastes 

Guatemala City pour les Gringos, Ciudad de Guatemala pour les Guatémaltèques, capitale d’un pays petit par sa surface (131.800 km2), avec des frontières terrestres avec le Mexique, le Honduras, le Belize et le Salvador. Baigné par l’océan Pacifique à l’ouest et la mer Caraïbe à l’est. Le Guatemala est un pays montagneux, sauf le long de côtes où se trouvent des plaines littorales. Le volcan Tajumulco culmine à 4211 mètres. Les hauts plateaux de l’ouest couvrent quelque 20 % du pays, et contiennent une grande partie des 300 microclimats du Guatemala. Plus de la moitié du territoire, au nord du pays, est recouvert par la forêt tropicale, paradis des irritants « mosquitos », particulièrement présents et voraces dès la tombée de la nuit. Vivent en semi-autarcie à proximité de ruines précolombiennes des descendants directs des Mayas. Le site de Tikal est les plus connu. La population, 17 millions d’habitants, est surtout d’ascendance indigène et le mode de vie presque exclusivement agricole. Ancien pays maya, les langues les plus parlées après l'espagnol, sont le k'iche', le q'eqchi', le mam et le cakchiquel. Au Belize voisin, avec lequel les relations sont tendues, la langue officielle est contre toute attente l’anglais. Autre particularité du Belize, une grande partie de la population est Noire.

Le climat est à dominante tropicale, mais davantage tempéré en altitude. La plupart des grandes villes sont situées dans le Sud. Parmi celles-ci, se trouvent Guatemala Ciudad, AntiguaQuetzaltenango. Dans le sud du pays de nombreux volcans et de fort beaux lacs glaciaires. Ici vivent les Mayas-Quichés, peuple commerçant et fier, des métis et des descendants des conquistadores.

Ciudad de Guatemala

La capitale du Guatemala est perchée à 1500 mètres d’altitude. Fondée en 1766 elle jouit d’un climat printanier. Peu d’intérêt dans la ville moderne. Par contre, dans les quartiers anciens, les nombreuses églises font la cour aux visiteurs, leurs clochers sont visibles de loin car les immeubles ne sont pas très hauts en raison des fréquents tremblements de terre. Comme dans toutes les cités de quelque importance dans les pays latino-américains, on se donne rendez-vous sur la Plaza de Armas, généralement entourée de jardins. Ciudad de Guatemala ne déroge pas à cette règle architecturale, ajoutant son Palais national et la cathédrale, endommagés par les derniers séismes. Une attention particulière pour les musées archéologique et ethnographique de la ville, une excellente entrée en matière pour comprendre le pays. Ne pas manquer non plus la carte géante – et en relief – du pays dont on fait le tour à pied, ou que l’on surplombe depuis le haut d’une tour. On ne comprendra que plus tard, sur le terrain, que les routes du pays ne sont, à de rares exceptions près, que des chemins de terre plutôt poussiéreux par temps sec, devenant des pistes impraticables lors des pluies torrentielles. Et que les distances ne se mesurent pas en kilomètres mais en heures de route…

Dans d’intéressants marchés sont proposés des produits artisanaux venus de tous les coins du pays, l’idéal pour celui qui a manqué quelque achat durant son périple. Pour les sportifs ou les nostalgiques du Pays Basque, il existe un petit trinquet, à deux pas de l’hôtel Hernani, tenu par des Basques du sud. La nourriture guatémaltèque ressemble à celle consommée au Mexique voisin : à base de Frijoles (haricots noirs), Tortas de maïs (nos Taloak !), purée de lentilles, poulet, fruits tropicaux. Les sauces n’ont rien à envier non plus à celles de leurs voisins ; ce sont les mêmes, aussi épicées, pour nos palais européens.

Antigua-Guatemala 

Moins de 50 kilomètres séparent la nouvelle capitale du pays de l’ancienne. Mais deux heures de route en pleine montagne, à travers des paysages luxuriants. Le site d’Antigua-Guatemala est de toute beauté, entouré de volcans majestueux. C’est l’un d’eux qui détruisit la ville en 1773 lors d’un tremblement de terre. A découvrir beaucoup de vestiges de l’époque coloniale, maisons et églises, ainsi que l’université de San Carlos Borromeo, la plus ancienne d’Amérique, à ce qui se dit. La ville est calme malgré les marchands de souvenirs qui harcèlent les touristes. Jusqu’au prochain séisme.

 

Panajachel, coucher de soleil sur le Lac Atitlan entouré de volcans majestueux.jpg
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Lac Atitlán

La principale route du pays continue vers l’ouest en direction de Huehuetenango et la frontière avec le Mexique. Elle serpente à flanc de montagne et, en deux heures à peine (108 km), tout à coup on découvre le lac Atitlán, étendue d’eau de 18 kilomètres de large entourée de volcans splendides. L’origine du lac est volcanique, il remplit une large caldeira formée lors d’une éruption, il y a 84.000 ans. Ici et là, le long des rives sont posés des petits villages, de pêcheurs pour la plupart. Une route carrossable entoure le lac mais certains villages ne sont accessibles que par l’eau. Lac de montagne, les eaux du lac Atitlán sont limpides, mais plutôt froides. Un des villages les plus fréquentés par les étrangers, car il se trouve sur l’axe principal, a pour nom Panajachel. 

Panajachel 

Situé sur la rive du lac Atitlán, autrefois petit village tranquille (à 1597 mètres d’altitude), Panajachel concentre la quasi-totalité de l’offre touristique de la région… Avec un petit sourire désabusé, la propriétaire du petit hôtel où j’ai trouvé hébergement me glisse à l’oreille, comme un secret, le surnom que les habitants ont donné à leur village : Gringotenango… Les indiens Cakchiquel confectionnent d’originaux ponchos à capuche qu’ils descendent vendre au village aux Gringos qu’ils n’aiment guère, à la tombée du jour. Il faut dire que la principale attraction à Panajachel est le coucher du soleil derrière les volcans Tolimán, Atitlán et San pedro, qui se reflètent sur les eaux bleues et glacées du lac d’origine glaciaire. Spectacle gratuit et inoubliable.

 

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Chichicastenango 

En remontant vers le nord, à 145 kilomètres de Guatemala Ciudad, un croisement de routes. A cette croisée des chemins somnole Chichicastenango. Ceux qui savent (!) l’appellent tout simplement Chichi. 

C’est le jeudi et le dimanche que l’ambiance est la plus extraordinaire : ce sont les jours où les Mayas Quichés tiennent marché sur la grand-place, entre les deux églises que compte le village et qui se font face. Ne cherchez pas de prêtres ces jours-là. On dit qu’ils fuient la cité et effectivement, si les portes des églises sont grandes et ouvertes, ce n’est pas l’odeur de l’encens mais celle du bois de santal que flotte et les rites qui s’y pratiquent tiennent davantage de la sorcellerie (pour les non « locaux ») que du culte catholique. D’ailleurs sorciers et sorcières attendent sur le parvis et à l’intérieur que l’on vienne les consulter. La plus grande discrétion est de rigueur si l’on veut s’imprégner de l’ambiance, de l’atmosphère. Après tout, les Indiens sont ici chez eux. 

Ici un paysan « converse » avec des parents défunts, par l’intermédiaire du sorcier. Là, au milieu de la fumée des herbes aromatiques, un autre prie à voix (très) haute pour que sa récolte soit bonne. A qui s’adressent ses prières ? A Dieu ou à ses dieux ? Ailleurs une vieille indienne sans âge prépare des pommades, des potions. 

Sur la place, on discute, on vend, on achète, on échange. On marchande aussi sans doute : après quelques palabres certains acheteurs font demi-tour et s’en vont. A Chichi le Castillan est une langue étrangère ! 

Chichicastenango, à quel dieu sont destinées les offrandes.jpg
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Tout à coup, de la musique. Une procession sort d’une église. Promené sur un pavois une statue qui semble représenter Santiago (coquille). J’ai été surpris en train de prendre des photos : j’ai droit à une amende, ou plutôt suis-je invité à faire une offrande sonnante et trébuchante. Quand je disais que les Quichés sont commerçants ! Avec beaucoup de discrétion et de patience (et un bon téléobjectif) il est possible de réaliser des clichés riches en couleurs. Pour l’heure, les Gringos sont tolérés mais à l’écart de la fête, juste pour acheter des souvenirs.

Chichicastenango semble d’une autre époque, presque d’une autre planète. Le rassemblement de ce jour appartient surtout aux descendants des Mayas, qui refusent toujours une quelconque assimilation qui ferait d’eux des citoyens guatémaltèques à part entière. Marché et fête terminés, la ville se vide. Tout le monde repart, qui à pied, qui sur la benne d’un camion, vers les villages environnants. La nuit tombe. Il sera temps demain pour nettoyer la place et l’intérieur des églises.

 

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Florès – Tikal 

Depuis Chichicastenango il serait possible de rejoindre le Mexique par voie terrestre et de faire une halte à Huehuetenango, deuxième ville du pays et centre industriel important, mais épicentre d’une guérilla perpétuelle entre carabiniers, contrebandiers et révolutionnaires. Direction le territoire du Petén, département septentrional le plus vaste, couvert de jungle où sont cachés de nombreux sites archéologiques fascinants. Une douzaine d’heures de route si la piste est sèche, jusqu’à 36 heures pendant la saison des pluies, dans un vieil autobus Bedford (ils sillonnent les routes du nord du Mexique jusqu’en Patagonie), assis au milieu d’une foule bigarrée, et en compagnie de redoutables moustiques. L’immense territoire du Petén se situe entre Mexique à l’ouest et Belize à l’est. Arrivée à bon port à Florés, petite ville située sur une rive du lac Petén Itzá. Il pleut. Le lac a débordé. L’eau du robinet est une denrée rare. Buvable ? Comme dans beaucoup d’endroits, le doute est permis. Le tour de ville est vite fait. Par prudence, direction le petit aérodrome pour y réserver une place pour le retour vers la capitale car si la pluie continue, la piste sera totalement impraticable…

Pourquoi cette visite à Florès alors qu’il existe également un aérodrome à proximité du site archéologique, plus facile d’accès et plus pratique ? Un simple calcul arithmétique : au départ de la capitale, le billet aller simple coûte – au moment d’effectuer ce voyage - 100 Quetzals (1 Quetzal = 1 US$) jusqu’à Tikal. Soit le prix d’un aller-retour vers Florès. Et le prix du « camión », comme on appelle ici l’autocar, est le quart du prix du billet d’avion aller simple pour Florès…

Il a plu toute la nuit. Le jour n’est pas encore levé lorsque je monte à bord du vétuste « camión » qui poursuivra sa route vers le Belize et la côte caraïbe. Je descendrai au plus près du site de Tikal.

Lors de mes deux précédents voyages à Palenque au Mexique, à environ seulement 150 kilomètres à vol d’oiseau, j’avais été émerveillé par les monuments grandioses, cachés dans la forêt, qui ne cesse de reprendre ses droits. Tikal ? C’est Palenque en beaucoup plus grand : plus de 3000 édifices répertoriés ! On pense que Tikal et environs datent de l’an 600 avant J.C. La ville a prospéré jusque vers l’an 950 de notre ère, avant d’être abandonnée mystérieusement, sans raison connue. Les ruines se trouvent dans un parc national recouvrant 600 km2. Redécouvertes, sorties de l’oubli seulement en 1848 ! 

Doit-on parler de ville à propos de Tikal ? Sont visibles essentiellement des temples, des pyramides émergeant de la forêt. Tikal fut vraisemblablement un centre religieux des plus importants. Tout est plus grand, tout est plus haut qu’à Palenque, les constructions comme les arbres. Les stèles sculptées sont en général mieux conservées. Le mystère de leur édification, puis de leur abandon, demeure presque entier.


De retour à Florès. Attente à l’aéroport. Cela fait déjà sept heures maintenant que les passagers en partance attendent l’arrivée du vieux DC3 en provenance de la capitale. Il pleut toujours. La situation est critique : plus aucun bus n’arrive à Florès. Les pistes sont certainement coupées quelque part. Aucun ne démarre de la « gare routière » non plus. A quoi bon ? Ici nous sommes à l’abri des intempéries, mais pas des moustiques. Seuls les touristes semblent nerveux et tournent en rond. Les Indiens ont l’habitude d’attendre. D’attendre quoi au juste ? Que passe le temps.

Enfin ! Il arrive le vieil oiseau. Du moins on entend le bruit des hélices, il survole la forêt. Il a beaucoup hésité avant de tenter de se poser sur la piste : il a tourné face au vent, contre le vent, a tenté un atterrissage. Mais il est reparti, l’orage était le plus fort. Enfin il a réussi et a presque aussitôt redécollé. J’étais à bord, pas trop rassuré. J’ai par la suite appris par un routard que le dernier bus parti de Florès (la veille) avait été contraint de faire un détour de plus de cent kilomètres, et qu’il était arrivé à la capitale après plus de 72 heures de péripéties. 

Pendant que ce « camión » avançait tant bien que mal dans la tempête, avec deux jeunes Suissesses logées dans la même pension que moi à Guatemala Ciudad, au volant d’une vieille Coccinelle de location, nous avions eu le temps de faire une mini-expédition au Honduras, au site archéologique de Copán. Une chance que d’avoir lié amitié avec ces deux Suissesses, comme moi férues de vieilles civilisations. A nous trois il était plus facile, rapide et moins onéreux de louer une voiture pour le prochain déplacement. Entre elles, elles conversaient en Allemand, avec moi en Anglais, et de mon côté, j’assurais les traductions en Castillan avec les Guatémaltèques. 

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